lundi, mars 9

Une surprise attend les 5 millions de Français qui utilisent régulièrement WeWard, cette application permettant de gagner de l’argent à force de marcher. En allumant leur téléphone, dimanche 15 mars, une notification leur rappellera que c’est le premier tour des municipales. Puis, dans l’appli, le panda qui guide les usagers agitera un drapeau bleu-blanc-rouge, avec ce conseil : « Pour un dimanche engagé, enfilez vos baskets et allez voter à pied. » Pas de contenu partisan, ni de récompenses. L’opération, prévue pour se répéter le dimanche suivant, vise exclusivement à marteler les dates de scrutin et favoriser le passage à l’acte électoral.

Des surprises de ce type, les familiers de Tinder en ont déjà eu. Dès janvier, l’appli de rencontres a glissé à ses clients des recommandations en forme de clin d’œil comme : « Evite le goumin post-élections, n’oublie pas ta procuration », le goumin étant un chagrin d’amour, dans le langage de la génération Z. D’autres messages vont apparaître sur Leboncoin, Blablacar, Lime, Bolt, ou encore sur la chaîne des musiques urbaines Trace TV. Derrière tous ces encouragements, une seule signature, celle du Service d’information du gouvernement (SIG), qui cherche à contrer l’abstention.

Comme à chaque élection, ce service de Matignon déploie une campagne classique, à la radio et sur Internet, pour inciter les Français à voter. Avec, cette année, un budget de 500 000 euros. « Mais depuis plusieurs années, la parole institutionnelle a du mal à passer, constate Michaël Nathan, le directeur du SIG. Il faut donc réinventer les formats de communication. »

La participation attendue à 60 %

L’enjeu est d’importance. Aux dernières municipales, en 2020, l’abstention a atteint des sommets. Plus de 55 % des inscrits sur les listes électorales ont boudé le premier tour, et 58,3 % le second. Un record historique pour ce type d’élections. Dans neuf villes, l’abstention a même dépassé 75 % au second tour, comme à Créteil, Roubaix (Nord), ou encore Mulhouse (Haut-Rhin). Résultat, certains candidats n’ont été élus qu’avec une poignée de voix. A peine 11 % des inscrits pour le communiste Jean-Claude Kennedy, qui a conservé la mairie de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) à l’issue d’une triangulaire, par exemple. Un vrai problème démocratique.

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