
Pour le directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI), Thomas Gomart, auteur de Qui contrôle qui ? Les nouveaux rapports de force mondiaux (Tallandier, à paraître le 22 janvier), Donald Trump, en dépit de ses accents néo-impérialistes, acte, avec l’intervention militaire au Venezuela, la rétraction des Etats-Unis à l’échelle globale en se concentrant sur leur continent. Alors que l’Europe peureuse se fige dans la « prosternation » face au président américain, seul le pape incarne, observe l’historien, une opposition à l’administration Trump en quête de bénédiction chrétienne, dans une sorte de réédition de l’ancienne dialectique du souverain pontife et de l’empereur.
Dans votre livre, vous explorez les rapports de force entre les grands dirigeants du monde. L’opération militaire américaine au Venezuela, les 2 et 3 janvier, fait-elle de Donald Trump l’homme le plus puissant du moment ?
Ce que le président américain montre à la fois aux Occidentaux, à Vladimir Poutine et à Xi Jinping, c’est sa capacité de passage à l’acte, de manière extrêmement spectaculaire. Donald Trump est ici davantage en phase avec son homologue russe qu’avec les Européens : il acte le retour des sphères d’influence comme principe structurant des relations internationales, au détriment d’un principe de régulation par le droit international.
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