mardi, juin 2

  • Alors que les pourparlers de paix avec l’Iran n’aboutissent toujours pas, Donald Trump s’agace de voir son allié israélien Benyamin Netanyahou intensifier ses frappes au Liban.
  • Lors d’un appel téléphonique lundi, il s’est emporté contre lui, relate le site américain Axios.
  • Le locataire de la Maison Blanche a assuré dans la foulée qu’Israël et le Hezbollah avaient accepté de suspendre leurs combats, des annonces sans effet pour l’heure.

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Moyen-Orient : un cessez-le-feu et des négociations mis à rude épreuve

À mesure que le temps passe et que les pourparlers de paix s’enlisent (nouvelle fenêtre), la patience de Donald Trump semble bien être mise à rude épreuve… y compris vis-à-vis de ses alliés. Lors d’une conversation téléphonique, le président américain s’en est violemment pris lundi 1ᵉʳ juin au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, à qui il reproche de mettre en péril les négociations avec l’Iran en poursuivant son offensive meurtrière au Liban (nouvelle fenêtre), selon le média Axios (nouvelle fenêtre). L’accusant de devenir « fou », il a tenté de le dissuader de frapper Beyrouth. 

Menaçant d’ouvrir de « nouveaux fronts », Téhéran a répété lundi qu’il conditionnait tout accord de paix avec les États-Unis à un cessez-le-feu au pays du Cèdre. Une trêve y est en théorie en vigueur depuis le 17 avril, mais les combats entre Israël et le Hezbollah sont en réalité quasi quotidiens (nouvelle fenêtre), en particulier dans le sud du pays. Benyamin Netanyahou a cherché à faire monter encore un peu plus la pression sur le mouvement libanais pro-iranien en menaçant lundi de frapper son bastion de la banlieue sud de Beyrouth, après plusieurs semaines de relative accalmie dans la capitale. Et ce, alors même qu’un nouveau cycle de négociations (nouvelle fenêtre) entre le gouvernement israélien et libanais s’ouvre ce mardi à Washington. 

« Qu’est-ce que tu fous ? » : Donald Trump « furieux » contre son allié

Une escalade de tensions loin de plaire à Donald Trump, qui espère depuis des semaines décrocher enfin un accord avec l’Iran, et sortir d’interminables négociations de paix. Lors d’un appel téléphonique lundi soir, le locataire de la Maison Blanche n’a pas mâché ses mots contre le Premier ministre israélien, ont indiqué deux sources au média américain Axios. « T’es complètement fou », a-t-il lâché, selon des propos rapportés et résumés par un responsable. 

Donald Trump a aussi affirmé avoir aidé son allié dans le procès au long cours pour trois affaires de corruption (nouvelle fenêtre) dans lesquelles ce dernier est empêtré. Il espère même une grâce présidentielle, une démarche soutenue par le président américain. « Tu serais en prison sans moi. Je te sauve la mise. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça », a-t-il encore lancé, toujours selon cette source. « Furieux », le dirigeant aurait même crié à son allié « mais qu’est-ce que tu fous, bordel ? », d’après une seconde source. 

Toujours selon le média américain, Donald Trump estime que la réponse israélienne face aux attaques du Hezbollah est disproportionnée. Il s’est également montré préoccupé quant au nombre de victimes civiles (nouvelle fenêtre) de la guerre au Liban. Depuis le début du conflit le 2 mars dernier, plus de 3.412 personnes ont été tuées et plus d’un million déplacées, selon le gouvernement libanais. Côté israélien, 27 morts sont à déplorer, 26 soldats et un contractuel civil.

Benyamin Netanyahou assure que sa position « reste inchangée »

Ce coup de pression pourrait avoir porté ses fruits : un responsable israélien a indiqué au site que Tel-Aviv renonce pour l’heure à frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth. « Bibi (le surnom de Benyamin Netanyahou, ndlr) a dit : OK, OK, assurez-vous simplement que tout soit réglé« , a également affirmé un responsable américain, qui a assuré que Donald Trump avait « écrasé » son interlocuteur. 

Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a de son côté affirmé lundi soir avoir demandé au dirigeant israélien de « ne pas déclencher de raid important sur Beyrouth », et que ce dernier avait accepté. Il a aussi assuré que le Hezbollah avait « accepté d’arrêter de tirer sur Israël et ses soldats », et que l’État hébreu s’était engagé à en faire de même avec le mouvement libanais. Avant d’exhorter les deux camps à cesser de se battre « pour toujours » (nouvelle fenêtre)

Le dirigeant israélien semble toutefois loin de suivre cette voie. Lors de l’appel avec le président américain, « je lui ai dit que si le Hezbollah ne cessait pas de tirer sur nos villes et nos citoyens, Israël frapperait des cibles terroristes à Beyrouth », a seulement relaté Benyamin Netanyahou, cité par ses services. « Notre position reste inchangée », a-t-il insisté, soulignant que l’armée israélienne poursuivrait ses opérations dans le sud du Liban, mais sans toutefois réitérer ses menaces sur la capitale. Les autorités libanaises ont annoncé de leur côté que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de « cessation mutuelle des attaques » avec Israël. Mais dans les faits, les affrontements se sont poursuivis dans la nuit. 

M.L. avec AFP

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