mardi, février 17

Il était sorti de prison le 24 décembre 2025. Avant d’attaquer des gendarmes, armé d’un couteau et de ciseaux, vendredi 13 février, près de l’Arc de triomphe, à Paris, et d’être abattu par les forces de l’ordre, Brahim Bahrir venait de passer treize ans et demi derrière les barreaux, d’abord en Belgique, puis, à partir de 2015, en France, où il avait été transféré à sa demande. En 2013, il avait été condamné à dix-sept ans de réclusion pour tentatives d’assassinat terroriste par la justice belge pour avoir blessé deux policiers au couteau en 2012 à Bruxelles. Entre les deux attentats, treize années ont passé et c’est comme si rien n’avait changé : même volonté de tuer et d’être tué dans la foulée.

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Ce cas flagrant de récidive terroriste aurait-il pu être évité ? Pourquoi Brahim Bahrir, né en 1978 à Mantes-la-Jolie (Yvelines), n’a-t-il pas purgé l’intégralité de sa peine ? Sa dangerosité avait-elle été évaluée avant sa sortie ? Etait-il sous surveillance judiciaire et administrative ? Autant de questions qui se posent au regard de son parcours, mais aussi des dizaines de condamnés pour des faits de terrorisme qui sortent chaque année de prison. « Depuis la création du Parquet national antiterroriste [PNAT], en 2019, il y a eu 101 procès d’assises pour terrorisme [contre 10 entre 1994 et 2019], explique au Monde le procureur antiterroriste, Olivier Christen. Nous avons donc commencé à être confrontés à un nombre très important de sorties de détention chaque année. »

Selon les données du PNAT, 339 détenus pour terrorisme islamiste (TIS) sont sortis de prison depuis 2021. Brahim Bahrir faisait partie des 46 libérés en 2025. « Nous projetons pour l’instant que 35 sortiront en 2026 », complète M. Christen. Ce chiffre, en baisse depuis trois ans, va augmenter d’ici à quelques années avec la sortie de détenus condamnés à des peines plus longues que ceux de la première vague. « Mais, au-delà du nombre, ce sont des profils objectivement plus dangereux parce qu’impliqués dans des actions violentes ou dans des projets d’attentats. C’était le cas de 21 % des sortants en 2021, 33 % en 2025, et ce chiffre montera à 52 % en 2026. Les personnes qui sortent maintenant ont été condamnées pour les faits les plus lourds. » L’enjeu des sortants est donc plus fort que jamais.

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