Avec notre correspondante à Ndjamena, Nadia Ben Mahfoudh
Les proches des huit opposants sont dans l’attente du verdict. Certains dénoncent « une réquisition de la honte ». D’autres sont sûres que les présidents du GCAP ne seront pas libérés, mais espèrent que les peines seront allégées. Du côté des défenseurs des droits de l’homme, on affirme qu’une condamnation à 10 ans de prison ferme serait une manière de « décapiter définitivement l’opposition au Tchad ».
Quant aux avocats de la défense, ils ont demandé la libération de leurs clients. Me Athanase, le porte-parole du collectif des avocats des huit prévenus estime que le réquisitoire du procureur n’a fait « aucune démonstration » des faits reprochés. « Il a fait une lecture de ses réquisitions écrites qui tiennent à peine sur deux pages » dit-il. Pour lui, « cela prouve que le dossier est vide et ne permet pas de condamner ces innocents ».
La deuxième journée du procès a été consacrée au réquisitoire du procureur puis aux plaidoiries de la défense qui dit s’être employée à déconstruire toutes les infractions reprochées aux opposants.
Puis c’était au tour des huit prévenus de s’adresser directement au juge : « Nous sommes entre vos mains, si vous pensez que nous pouvons être des malfaiteurs ou à l’origine d’une rébellion, c’est à vous de décider en votre âme et conscience. »




