jeudi, septembre 3

De notre correspondante à Ndjamena, Nadia Ben Mahfoudh

La chambre criminelle a continué l’audition des parties civiles commencée en début de semaine, ainsi que celle d’Abdoulaye Miskine et de ses codétenus. Une fois les instructions terminées, à la mi-journée, le procureur de la République, se disant souffrant, a demandé le report de l’audience. Le procès reprendra donc le vendredi 4 septembre.

Maître Mogna Kebmeterd, avocat de la défense, y voit là une fuite. Pour lui c’est le signe que le ministère public n’est pas prêt pour ses réquisitions. « Lorsque l’accusation n’a pas les arguments solides pour soutenir cette accusation, le ministère public ne peut que renvoyer le dossier pour creuser et chercher d’autres arguments, estime le conseil, figurez-vous que, parmi les parties civiles qui ont défilé à la barre, personne n’a pu présenter sa carte d’identité et il n’y a pas de nouvelle pièce versée au dossier, il s’agit donc de simples déclarations des parties civiles contre la contestation des accusées. » Selon lui, l’incohérence des témoignages des parties civiles prouve que le dossier est en réalité vide.

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Des arguments balayés d’un revers de la main par maître Ahmad Abderahman, avocat des parties civiles, qui réfute toute incohérence dans les récits de ses clients et rappelle qu’il « faut que la justice soit rendue ». « Les victimes ont attendu leur indemnisation pendant plusieurs années, ajoute ce dernier, ce qui compte aujourd’hui, c’est que la justice se prononce et que les souffrances des victimes soient réparées. »

L’audience de vendredi prochain doit débuter par les réquisitions du ministère public. Abdoulaye Miskine, chef et fondateur du groupe armé Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), et ses codétenus, ont été interpellés en 2019. Depuis, ils sont incarcérés au Tchad en attente d’un jugement. Ils sont poursuivis pour création d’un mouvement insurrectionnel, viol, assassinat, torture ou encore séquestration.

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