Des affrontements ont éclaté dans la soirée lundi 19 janvier entre les troupes de Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes dans la banlieue de Rakka, a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Le correspondant de l’Agence France-Presse dans la ville de Rakka, dans le nord de la Syrie, a aussi rapporté avoir entendu des bombardements intenses, tandis que l’OSDH a précisé que les forces gouvernementales avaient bombardé une position militaire des FDS au nord de la ville.
La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a appelé lundi à « cesser immédiatement » en Syrie « toutes les activités militaires ». « Le cessez-le-feu entre les autorités intérimaires syriennes et les FDS est une étape essentielle pour éviter que le pays ne replonge dans la tourmente », a-t-elle déclaré, bien que les combats ont continué lundi.
Le président syrien, Ahmed Al-Charaa, s’est, lui, entretenu lundi avec son homologue américain, Donald Trump au sujet des garanties des droits des Kurdes. Au cours de cet entretien téléphonique, « les deux parties ont souligné la nécessité de garantir les droits et la protection du peuple kurde dans le cadre de l’Etat syrien », indique un communiqué de la présidence, ajoutant que les deux dirigeants ont également « affirmé l’importance de préserver l’unité et l’indépendance du territoire syrien ».
Intégration des forces kurdes dans des ministères
Ces affrontements interviennent au lendemain de l’annonce d’un cessez-le-feu entre les deux parties. Le président syrien, Ahmed Al-Charaa, a annoncé dimanche avoir conclu un accord avec les Kurdes syriens, après deux jours de rapide progression de ses troupes dans des territoires longtemps contrôlés par les Kurdes dans le nord et l’est du pays.
Le leader des forces kurdes de Syrie, Mazloum Abdi, chef des FDS, a confirmé avoir accepté, « pour que cette guerre ne devienne pas une guerre civile », que ses forces se « retirent des régions de Deir ez-Zor et de Rakka vers Hassaké ». Après la signature de cet accord, l’armée syrienne s’est ainsi déployée lundi dans les zones dont les forces kurdes se sont retirées dans le nord et l’est de la Syrie.
Le texte en quatorze points publié par la présidence prévoit l’intégration des FDS et des forces de sécurité kurdes dans les ministères de la défense et de l’intérieur du pays. Il stipule aussi la remise immédiate au gouvernement des provinces, sous contrôle kurde et peuplées notamment d’Arabes, de Deir ez-Zor et Rakka, ainsi que la prise en charge par Damas des prisonniers du groupe djihadiste Etat islamique (EI) et de leurs familles détenus dans des prisons et des camps contrôlés par les Kurdes.



