- Le directeur général du BHV a défendu le maintien de l’ouverture d’une boutique Shein ce mercredi 5 novembre.
- Invité de LCI ce lundi 3 novembre, Karl-Stéphane Cottendin a tenu à se démarquer du « marketplace » du géant chinois.
- Il y a quelques jours, des poupées à caractère pédopornographique ont été repérées sur sa plateforme de vente en ligne.
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Shein, l’enseigne chinoise controversée du e-commerce
Invité de Darius Rochebin sur LCI ce lundi soir, le directeur-général du BHV a tenu à condamner « très fermement la mise en vente de ces produits abjects »
. Des poupées à caractère pédopornographique ont en effet été repérées en fin de semaine dernière sur la plateforme du géant chinois de la vente en ligne de prêt-à-porter Shein, ce qui a déjà conduit à un signalement à la justice par la direction générale de la Répression des fraudes (DGCCRF), et à une convocation devant une commission parlementaire sous 15 jours.
Une affaire qui place le BHV dans une position délicate. La marque chinoise, déjà à l’origine de plusieurs polémiques, doit en effet ouvrir sa première boutique physique dans les locaux de l’institution parisienne ce mercredi 5 novembre. Et en dépit du scandale qui fait rage, pas question de renoncer à cet espace de vente de 1.000 m² au 6ᵉ étage du prestigieux immeuble qui fait face à l’hôtel de ville de la capitale.
« On ne travaille pas avec leur marketplace »
« Tout l’enjeu pour nous, c’est de les condamner, que ce soit retiré, ce qui a été fait, et de s’assurer que ça ne se reproduise pas »
, a réagi Karl-Stéphane Cottendin sur le plateau de LCI. Mais « on travaille avec Shein, on ne travaille pas avec leur marketplace »
, a estimé le directeur général du BHV. C’est en effet sur le « marché en ligne » de la plateforme chinoise que les poupées sexuelles ont été commercialisées par des vendeurs tiers. « On travaille à faire un magasin qui n’ait que des produits conformes, des produits réussis, qui on espère se vendront très bien, et surtout pas toutes les dérives qu’on peut avoir sur des sites internet »
, a élaboré le dirigeant.
Ce qui est important, c’est qu’ils prennent des actions fermes et correctives
Ce qui est important, c’est qu’ils prennent des actions fermes et correctives
Karl-Stéphane Cottendin, directeur général du BHV
Karl-Stéphane Cottendin ne se prononce pas quant aux poursuites pénales qui devraient être engagées. « Ce qui est important, c’est qu’ils prennent des actions fermes et correctives »
, a-t-il estimé, renvoyant la question des sanctions à la justice. « Par contre, c’est très important pour nous, et c’est ce à quoi on travaille avec Shein depuis maintenant plusieurs jours, à ce que ces faits-là ne se reproduisent jamais »
, a-t-il souligné.
Pour le jeune dirigeant de 34 ans, Shein doit faire évoluer son marketplace « de la même façon qu’on a fait évoluer leur modèle avec nos boutiques »
. Pour lui, la firme chinoise va élaborer des produits spécifiquement pour le magasin parisien, sans lien avec le marketplace mis en cause.
S’il admet la gravité des faits reprochés à la plateforme chinoise, Karl-Stéphane Cottendin estime qu’elle fait son possible pour empêcher de tels dérapages. « Et d’ailleurs, quand ça a été relevé, ils ont pris des mesures très rapides pour les retirer »
, a-t-il souligné, rappelant que des marques comme Amazon ou Zara avaient eu des problèmes analogues.
En revanche, il a botté en touche à propos des autres reproches faits à Shein, comme les conditions de travail dans les usines de la fast-fashion, dont le groupe chinois est l’étendard, ou les effets sur l’environnement de ce modèle économique. « La France, c’est le pays de la mode, et on va être les premiers dans ce pays à donner pignon sur rue à ce genre de fabrication. Est-ce que vous pensez que c’est vraiment le rôle du BHV de faire ça ? »
, lui a demandé la journaliste Valérie Lecasble sur le plateau de LCI.
« Le rôle du BHV, c’est réellement de répondre à 24 millions de Français qui aujourd’hui consomment Shein »
, a réagi le directeur général. « Tout ce qu’on fait depuis des mois maintenant, c’est de donner un cadre avec une production qui est conforme. On s’en est assuré. 95% de la marchandise est auditée, les usines aussi, les méthodes de production, l’accompagnement »
, a-t-il assuré.
« Je pense qu’il faut en tout cas un modèle qui ose, qui change et être pionnier »
, a martelé Karl-Stéphane Cottendin, soulignant toutefois que Shein n’est pas ni un associé, ni un partenaire. « On a un contrat exclusif de distribution avec eux. Donc on achète de la marchandise qu’on importe et qu’on vend. On crée les emplois, on crée les boutiques, c’est vraiment notre travail »
, a-t-il encore estimé.
Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec le directeur général du BHV dans la vidéo en tête de cet article
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