samedi, septembre 12

Du pastel, de la douceur et la voix enveloppante de la chanteuse November Ultra : avec sa nouvelle création « Summerland », présentée en avant-première mondiale à Biarritz, jeudi soir, le danseur et chorégraphe Benjamin Millepied livre un ballet pop, au goût de bonbon.

Cette création d’1H10, présentée une deuxième fois vendredi lors du festival « Le temps d’aimer la danse », est une succession de tableaux pour duos ou de groupe, qui réunit sur scène des danseurs aux tenues pastel et la chanteuse française November Ultra, en robe de tulle, qui y chante, danse, joue du piano et de la guitare.

Le public a longuement applaudi à l’issue de la première représentation jeudi soir, en présence de la ministre de la Culture Catherine Pégard venue assister à l’ouverture de ce rendez-vous annuel qui se poursuit jusqu’au 21 septembre.

Dans cette nouvelle création, Benjamin Millepied intègre la révélation féminine des Victoires de la musique en 2023, November Ultra, « à une communauté de danseurs », dans des moments « d’intimité » autour d’une artiste « qui chante sa vie ». « Pour moi, ce n’était pas très intéressant qu’elle soit juste derrière son piano ou sa guitare », dit-il à l’AFP.

La voix envoûtante de l’interprète – aux accents parfois nostalgiques – appuyée par un jeu de lumière d’une grande douceur, travaillé par la créatrice éclairagiste Lucy Carter, inspire le sentiment diffus d’être entré dans un bonbon Arlequin, coloré et acidulé.

– Clin d’oeil à son mentor –

Une atmosphère directement inspirée par la ville de Summerland, au nord de Los Angeles, en Californie, où Benjamin Millepied a vécu. « J’y passais très souvent en voiture et je me disais +Quel beau nom pour un ballet+ », explique-t-il.

Cette ville de la côte Pacifique, limitrophe de Santa Barbara, est un lieu « merveilleux, d’harmonie, de rapport à la lumière et à la nature », que le chorégraphe a retrouvé dans la musique de November Ultra.

Ce titre est aussi un clin d’œil à son mentor Jerome Robbins, danseur, chorégraphe, metteur en scène et réalisateur américain né en 1918, que Benjamin Millepied a connu à son arrivée au New York City Ballet, en 1995.

En 1972, il avait créé son ballet « Watermill », du nom d’une petite ville près de Bridgehampton (New York), dans les très prisées Hamptons, « par laquelle il passait souvent ».

Revenu en France après plusieurs années passées aux Etats-Unis, Benjamin Millepied innove dans les formes, après avoir déjà chorégraphié une cinquantaine de ballets ou revisité « Carmen » au cinéma.

– Une exploration –

Avec sa création « Grace : Jeff Buckley Dances », consacrée en 2024 au rockeur américain décédé, il avait mêlé danse et vidéo en livre.

Il avait ensuite chorégraphié une ode à la chanteuse Barbara, dans sa création « Du bout des lèvres ». « J’explore et ensuite je passe à autre chose. Il y a eu beaucoup de chansons récemment, mais c’est un moment, ce n’est pas une direction dans laquelle je vais rester, c’est simplement des artistes qui m’ont touché », commente-t-il.

Un travail « sur les mots » qu’il poursuivra encore un peu, en avril, à La Villette, avec le chœur Les Métaboles et la Philharmonie de Paris pour « Liebeslieder », ballet inspiré d’œuvres de Brahms, composées entre 1869 et 1874 à partir des textes de Georg Friedrich Daumer.

Après Biarritz, « Summerland » sera programmé aux Folies Bergères de Paris, en novembre, tout comme « Barbara, du bout des lèvres » et son cabaret « Move Me Once More ».

« Présenter trois grandes pièces en une saison à Paris, c’est un moment de vie génial, je ne sais pas si ça se reproduira de cette manière-là, donc c’est un cadeau », sourit l’artiste.

cas/gf/cbn

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