lundi, février 9
Lors d’une marche silencieuse en hommage à Camelia, une lycéenne de 17 ans qui s’est suicidée quelques jours plus tôt, à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), le 25 janvier 2026.

Le procureur de Meaux (Seine-et-Marne) a annoncé, lundi 9 février, le classement sans suite de la plainte pour harcèlement scolaire qui avait été déposée par les parents de Camélia, lycéenne de 17 ans qui s’est suicidée le 13 janvier à Mitry-Mory.

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« Au terme des investigations, je suis amené à considérer qu’il n’existe pas d’élément suffisant pour rechercher la responsabilité pénale de quiconque dans la survenance du décès de Camélia », a déclaré Jean-Baptiste Bladier.

L’élève de terminale s’est tuée dans une gare de la ville. Le lendemain, 14 janvier, deux enquêtes judiciaires avaient été ouvertes, dont l’une pour « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider », tandis qu’une enquête administrative était ordonnée. Le 25 janvier, plus de 2 000 personnes s’étaient réunies à Mitry-Mory dans une marche en mémoire de la lycéenne.

Dans une interview accordée au quotidien Le Parisien, le mois dernier, un oncle de la victime avait mis en cause l’attitude qu’aurait eue le proviseur lors d’une entrevue avec l’adolescente quelques heures avant le drame.

Plus de soixante personnes auditionnées

Plus d’une soixantaine de personnes ont été auditionnées au cours des dix-neuf jours d’une investigation menée par 12 enquêteurs. « En ce qui concerne la question de la responsabilité des personnels de l’Education nationale, » a précisé, lundi, M. Bladier, « il ne ressort pas d’éléments susceptibles de justifier d’une telle responsabilité pénale. » Le représentant du ministère public a ajouté qu’au-delà des témoignages « l’exploitation des données issues des relations téléphoniques et numériques entre les protagonistes ne permettait pas davantage d’étayer l’existence d’un harcèlement ».

Le procureur a annoncé à la presse que la jeune femme qui s’est tuée quelques jours avant son 18e anniversaire « avait réalisé une fausse conversation sur l’application Snapchat en empruntant les identités de trois de ses camarades, un garçon et deux filles, et en simulant entre eux une conversation ». Camélia a diffusé auprès de camarades du lycée des captures d’écran de cette fausse conversation « dans le but de faire le tri entre ses vrais et ses faux amis », a rapporté M. Bladier. C’est alors qu’a débuté « une période de tension » entre la jeune victime et certains élèves de sa classe, a expliqué le procureur.

En amont de la conférence de presse, lundi midi, il a annoncé sa décision de classement sans suite aux parents de Camélia, dont il a salué « la qualité d’écoute » et « le très grand calme », ces derniers ayant « su accueillir [sa] décision avec un grand calme. »

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Le Monde avec AFP

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