
Des militants écologistes ont déclaré, vendredi 6 février, avoir intenté une nouvelle action en justice contre l’Etat suédois pour inaction climatique présumée, après le rejet de leur requête l’an dernier par la Cour suprême.
Le groupe à l’origine de la procédure, Aurora, avait d’abord tenté de poursuivre l’Etat suédois fin 2022. Mais la Cour suprême en Suède a estimé en février 2025 que la plainte déposée contre l’Etat devant un tribunal, introduite par une personne, avec 300 autres s’y joignant au titre d’une action collective, était irrecevable. La cour avait alors mis l’accent sur « les exigences très élevées pour qu’un individu ait qualité pour agir » contre un Etat.
« Nous avons encore une chance de sortir des crises planétaires et de construire un monde sûr et équitable. Mais cela exige que les pays riches qui émettent autant que la Suède cessent de violer la loi », a déclaré vendredi la porte-parole d’Aurora, Ida Edling, dans un communiqué.
Aurora, qui a annoncé avoir saisi vendredi un tribunal de Stockholm, estime que l’Etat suédois est tenu « de réduire les émissions de la Suède autant et aussi rapidement que nécessaire pour que le pays soit aligné sur sa part équitable ». « Cela signifie que les émissions de plusieurs secteurs doivent atteindre zéro avant 2030 », a-t-elle ajouté, tout en notant que cela devancerait de quinze ans les objectifs actuellement fixés par la Suède.
Décisions historiques
L’Agence suédoise de protection de l’environnement ainsi que l’organisation de coopération et de développement économiques ont averti l’an dernier que la Suède risquait de ne pas atteindre son propre objectif de neutralité carbone d’ici à 2045. Aurora a relevé que des juridictions internationales avaient pris plusieurs décisions historiques depuis le dépôt initial de la plainte.
Dans une décision historique d’avril 2024, la Cour européenne des droits de l’homme a ainsi estimé que la Suisse ne faisait pas assez d’efforts pour lutter contre le changement climatique. Il s’agissait du premier pays à être condamné par une juridiction internationale pour ne pas avoir pris des mesures suffisantes dans ce domaine.
En 2025, la Cour internationale de justice a rendu un avis consultatif déclarant que les pays violant leurs obligations climatiques commettaient un acte « illégal ».




