vendredi, février 6
Un employé du géant automobile Stellantis travaille sur la chaîne de montage de la Fiat 500 Hybrid dans l’usine Mirafiori de Turin, le 25 novembre 2025.

C’est une perte colossale qui attend Stellantis. Le groupe aux 14 marques a annoncé vendredi 6 février passer dans ses comptes des provisions massives de 22 milliards d’euros, reflétant « l’impact d’une surestimation significative du rythme de l’électrification, qui nous a éloignés des besoins, des moyens, et des préférences réels de nombreux clients ». Cela se traduira pour 2025 par une perte comprise entre 19 et 21 milliards d’euros, qui dépasse celle affichée par Volkswagen l’année suivant le « dieselgate » en 2016. « Nous avons regardé dans tous les coins pour aboutir à ce montant et faire ce “reset” stratégique », assure Antonio Filosa, le directeur général du groupe, qui a pris ses fonctions le 23 juin 2025.

Dans la foulée de l’annonce, l’action Stellantis a décroché de 25 % en Bourse, le constructeur vaut moins de 17 milliards d’euros à la fin de la journée boursière du 6 février. Elle a effacé « 70 % de sa valeur depuis son plus haut de mars 2024 », souligne l’agence Bloomberg. Les analystes financiers s’attendaient à une correction et à des dépréciations, dans la foulée de celles annoncées par Ford et General Motors. Mais aucun d’entre eux n’avait envisagé un mouvement d’une telle ampleur. Le plus pessimiste – la société Kepler Cheuvreux – prévoyait un ajustement de l’ordre de 10 milliards d’euros, avec une perte en trésorerie de 2 milliards. Outre les pertes comptables, Stellantis devra sortir en cash 6,5 milliards d’euros pour solder l’ère Tavares. Antonio Filosa assure que l’avenir du groupe n’est pas en jeu, puisqu’il a « 46 milliards d’euros de liquidités à son bilan » (dont 16 milliards d’euros de lignes de crédit bancaire non utilisées). Il promet de la croissance à compter de ce jour, sans lever complètement les incertitudes sur la capacité de Stellantis à se relever de ce qui a tout l’air d’un désastre industriel et stratégique.

Il vous reste 82.81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version