Tunisie – France : les Bleus déjà qualifiés, les remplaçants entrent en scène

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Dès que Didier Deschamps en a l’occasion, en phase finale d’un Euro ou d’une Coupe du monde, il appelle ses « coiffeurs ». Pas pour un carré plongeant, peu compatible avec sa nature de cheveux, mais plutôt dans l’idée de faire souffler ses titulaires. Par « coiffeurs » – expression de journaliste –, on entend les remplaçants. En équipe de France, le concept remonte à 1986, quand un habitué du banc (resté anonyme) avait rafraîchi la coupe d’un partenaire pour tuer le temps sous le soleil mexicain.

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La qualification pour les huitièmes et la première place (sauf catastrophe) déjà en poche, les Bleus ont gagné le droit de souffler contre la Tunisie pour ce troisième match, mercredi, au stade d’Education City, à Al-Rayan. Didier Deschamps s’est bien gardé de donner le nombre et les noms des « coiffeurs » appelés à débuter, mais il en avait sorti six du banc en 2014 et 2018, entre la deuxième et la troisième rencontre. « Notre objectif, c’est le huitième de finale. Je ne vais pas prendre de risque », prévient-il.

Cette revue d’effectif répond à un double objectif. Il y a déjà des titulaires à protéger d’une blessure ou d’un carton jaune idiot. Seul arrière gauche de métier prêt à démarrer, Théo Hernandez risque, par exemple, de voir Eduardo Camavinga (habituel milieu de terrain) dépanner à son poste. Autre visée : ménager les ego et consolider la cohésion de l’équipe. « Sur la durée, on aura besoin de tout le monde. C’est bien si on peut impliquer d’autres joueurs contre la Tunisie », avançait le vice-capitaine, Raphaël Varane, après la victoire contre l’Australie.

Desiderata des joueurs vedettes

Même pour du beurre, un match de Coupe peut changer le destin d’un joueur. Alain Boghossian peut en témoigner. En 1998, le Marseillais concurrence Emmanuel Petit au milieu de terrain, sous le coup d’une suspension en cas d’un nouveau carton face au Danemark, à Lyon. « Aimé Jacquet [le sélectionneur] a dit à Petit : “Si tu prends le carton, c’est Bogho qui joue, si tu ne le prends pas et que ça se passe bien, c’est toi qui continues le Mondial” », raconte Boghossian. Petit assume le risque, inscrit le but de la victoire (2-1) et sécurise sa place de titulaire.

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Sur la pelouse de Gerland en 1998, Jacquet a laissé le Lyonnais Youri Djorkaeff débuter, à sa demande, pour faire plaisir à la famille. En 2014, Didier Deschamps accède à une requête similaire de Karim Benzema. Déjà auteur de trois buts, l’avant-centre veut poursuivre sur sa lancée. Raté. Il ne marque ni contre l’Equateur (0-0) ni lors de la suite du tournoi. La situation risque de se présenter en 2022 avec Kylian Mbappé dans les mêmes temps de passage que Benzema huit ans plus tôt. « S’il veut jouer, Didier [Deschamps] va avoir un accord avec lui, avance Boghossian. Par exemple, si tu joues, je te sors à la mi-temps ou l’heure de jeu. » Mais le passé a montré qu’il était difficile pour un sélectionneur d’aller contre l’envie de son joueur vedette.

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