Route du rhum : Armel Le Cléac’h de retour dans la course après « le fait de mer le plus dur » qu’il ait eu à vivre

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La Route du rhum, Armel Le Cléac’h s’en souvient. Lui qui doit s’élancer, dimanche 6 novembre, de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) à bord du Maxi Banque Populaire-XI, l’un des huit bateaux de la classe Ultim, se souvient qu’enfant, il allait voir les départs sur les pontons avec ses parents. Il se souvient de la troisième édition, en 1986, et de la disparition de Loïc Caradec : il avait 9 ans et venait de commencer à faire de la compétition en Optimist. Il se souvient, quatre ans plus tard, de l’arrivée de Florence Arthaud comme d’un événement.

A 45 ans, Armel Le Cléac’h se souvient aussi, bien sûr, des deux fois où la Route du rhum s’est refusée à lui. D’abord en août 2014, c’est une blessure à la main qui l’oblige à renoncer. Ensuite, lors de l’édition suivante, en 2018, et alors qu’il se trouve au nord-est des Açores, c’est la perte de Banque Populaire-IX. Aujourd’hui, de cela, il n’a pas peur de dire : « C’est le fait de mer le plus dur que j’ai eu à vivre. Je pouvais ne pas m’en sortir. » Et aussi : « Comprendre ce qui s’est passé, m’assurer que ce n’était pas moi qui avais fait une connerie m’a permis de tourner la page. »

D’ailleurs, une fois sa responsabilité écartée (la rupture de bras avant a entraîné, presque instantanément, le chavirage du trimaran), sa confiance recouvrée et renouvelée par le sponsor et après en avoir discuté avec sa famille, Le Cléac’h est prêt à repartir. C’est son fameux « ça part de là, c’est pas fini », une phrase bien connue de Pierre-Emmanuel Hérissé, le directeur technique du Team Banque Populaire : « Armel fait preuve d’une ténacité hors du commun. Et, à partir du moment où il se fixe un objectif, il met tout en œuvre pour le réaliser. Cela passe par sa préparation physique et son obsession – légitime, voire vitale – de ne rien laisser au hasard. »

« Une carte à jouer »

Connu pour faire confiance à ses équipes à terre, Le Cléac’h sait, dit et redira encore, tout ce qu’il leur doit. Et rappelle que cette histoire commune est une force. « Gagner la Route du rhum, la seule grande course que je n’ai jamais remportée, est un rêve de gamin, mais ce serait pour nous tous une belle histoire. Et puis, aujourd’hui, le résultat sportif est presque secondaire : c’est l’aventure humaine, le projet, qui désormais me porte. » Le navigateur l’affirme en ayant bien conscience et d’où il (re) vient – le chavirage de 2018 est un tournant de sa carrière en mer – et que la concurrence sera rude : pour lui « Gitana [l’équipe de Charles Caudrelier, qui sera sur le Maxi Edmond de Rotschild] est le concurrent à battre ».

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