Route du rhum 2022 : comment Charlie Dalin a pris le large

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La maîtrise de Charlie Dalin, sur son monocoque Apivia, en tête du classement de la catégorie Imoca depuis les toutes premières heures de la Route du rhum, est éblouissante. Si génie il y a, il possède une cape divine qui lui permet, à certaines allures, notamment au près (l’allure la plus proche du lit du vent), de creuser des écarts au point d’enterrer ses adversaires, pourtant dotés de bateaux neufs, mais aussi manquant de mise au point.

Le skipper havrais de 38 ans, sur un bateau de 2019 dessiné par l’architecte Guillaume Verdier, était, au départ de cette Route du rhum, le grand favori de sa catégorie, sachant qu’il avait remporté toutes les courses en solitaire de la saison : Guyader Bermudes 1 000 Race, Vendée-Arctique-Les Sables et Défi Azimut. Il avait aussi franchi le premier la ligne d’arrivée du Vendée Globe, en janvier 2021, avant d’être rétrogradé à la 2e place, Yannick Bestaven ayant été déclaré vainqueur après les bonifications en temps pour le sauvetage de Kevin Escoffier.

L’explication du « génie » supposé de Charlie Dalin ? Voilà ce que disait le Malouin Louis Burton il y a quelques jours, lui qui a abandonné, samedi 12 novembre, sur casse de mât : « Charlie est loin devant, mais c’est surtout un marin exceptionnel : il connaît son bateau sur le bout des doigts. »

De grands foils

Magistral régatier, grand marin, intelligence aiguisée, sang-froid scientifique et endurance. A cela, Charlie Dalin ajoute un avantage substantiel : son bateau est équipé de grands foils, ces appendices permettant de voler au-dessus de l’eau, plus longs que ceux de ses adversaires, qui lui confèrent une vitesse supérieure de deux, parfois trois nœuds sur ses poursuivants.

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Son monocoque bénéficie en fait d’une règle d’antériorité. A l’issue du dernier Vendée Globe, la classe Imoca a en effet décidé de réduire la taille des foils des bateaux mis en chantier, à la fois pour des raisons de coûts et de sécurité : les grands foils exercent de tels efforts sur la structure que, parfois, les mâts n’y résistent pas. Et ainsi de limiter le volume des foils à 8 m3. Charlie Dalin posséderait un bon mètre cube de plus. Dans le même temps, trois Imoca étaient autorisés à conserver leurs appendices : Apivia (Charlie Dalin), Bureau-Vallée (Louis Burton) et l’ex-Arkéa-Paprec (Sébastien Simon) – désormais sans skipper, ce bateau ne navigue plus depuis son retour de la Transat Jacques-Vabre 2021.

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Ces anciens monocoques bénéficient donc de cette règle mais avec des contraintes techniques, dont moins d’angles de réglage sur les foils, pour contrebalancer la puissance de ces grands appendices. Cette règle est valable jusqu’en janvier 2025. Ce qui fait qu’au départ de la Route du rhum 2022, de la Transat Jacques Vabre 2023 et du Vendée Globe 2024, la majorité des Imoca seront dotés de foils de 8 m3, mais trois unités de la flotte seront toujours équipées de foils plus grands.

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