« Qatar 2022, l’autre pays du football » : les hors-jeu de la FIFA

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Les premiers matchs n’ont pas éteint les polémiques. Ce Mondial continue d’être le plus controversé de l’histoire, chaque jour apportant son lot de critiques. Comme Le Monde l’a montré dans ses enquêtes, le problème ne date pas d’aujourd’hui, les maux sont anciens et profonds. Au-delà des articles, un livre aide à les décrypter et à mieux comprendre comment cet émirat a pu être désigné pour accueillir la plus populaire des compétitions sportives. Son titre : Qatar 2022, l’autre pays du football. Quatre-vingt-seize pages instructives et incisives, illustrées de façon originale.

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Les éditions En Exergue, petite maison spécialisée dans la publication d’ouvrages de qualité sur le sport, ont eu l’idée d’associer un auteur et un dessinateur de presse. Le premier est Alain Leiblang, ancien journaliste, qui présente la particularité d’avoir longtemps travaillé à la FIFA, l’omnipotent « gouvernement » de la planète foot – il fut même chef de presse du Mondial 1998 en France et un temps collaborateur de Michel Platini. Quant au dessinateur, c’est Gabriel de Dieuleveult, alias Gab, qui ignore tout de ce sport et porte sur le sujet un regard ouvertement trash. Résultat : un livre à la fois pédagogique et sans filtre.

Infantino n’en sort pas indemne

Au-delà du concept éditorial très particulier, l’ouvrage vaut surtout pour l’évocation, par Alain Leiblang, des coulisses de la FIFA. Libéré de son devoir de réserve (il a quitté la FIFA fin 2014), conscient des excès de son sport préféré, il revient sur la façon dont certains membres de la FIFA ont manœuvré au bénéfice du Qatar. Son récit, bref mais éloquent, nous plonge dans les arcanes de cette organisation. Tout y est : les calculs financiers, les jeux d’influence, les renvois d’ascenseur, le mépris du public et des questions éthiques.

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On mesure bien, à le lire, à quel point l’état-major de la FIFA a négligé les signaux d’alerte, masqué les éléments trop négatifs. Alain Leiblang évoque notamment, de façon ironique, le contenu du rapport interne de 2014 qui a blanchi le Qatar des soupçons de corruption. Le patron actuel de la fédération, Gianni Infantino, n’en sort pas indemne. Le lecteur apprend ainsi qu’il habite avec sa famille au Qatar depuis le début de l’année. « A-t-il voulu se rapprocher des travailleurs migrants ? A-t-il emporté sa truelle ? », s’interroge Leiblang, soudain aussi caustique que son comparse Gab. Ce livre sans prétention ne changera pas le cours de l’histoire, ni celui de ce Mondial mal né, mais il a le mérite de souligner certaines vérités.

Qatar 2022, l’autre pays du football (96 pages, 15 euros, En Exergue Editions)

« Qatar 2022, l’autre pays du football » (96 pages, 15 euros, En Exergue Editions).

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