PSG : Mauricio Pochettino n’a rien osé

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C’était plutôt l’enthousiasme qui prédominait. Un petit vent de ferveur avait soufflé sur la capitale au moment de la nomination de Mauricio Pochettino. C’était il y a un an et demi, et l’Argentin venait de succéder à Thomas Tuchel, limogé sans ménagement le jour de Noël. Un ancien du club à défaut d’en avoir été un joueur emblématique. Un homme qui en avait porté le brassard, surtout. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour plaire aux supporters parisiens. Quitte à faire passer le palmarès vierge de leur nouveau coach au second plan.

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Pochettino avait d’autres arguments. Il avait prouvé sa valeur dans le championnat réputé pour être le plus difficile du monde. Acquérir ses lettres de noblesse en Premier League, ce n’est pas donné à tout le monde. L’Argentin l’avait fait de main de maître, installant Tottenham parmi les places fortes du Royaume et conduisant les Spurs à une finale histoire de Ligue des champions en 2019. Cela ne devait rien au hasard. Mais tout aux qualités de management et à la philosophie de jeu prônée par l’ancien coach de Southampton.

Il cochait toutes les cases

Il était amené à viser plus haut. Et à marcher main dans la main avec le PSG. Grandir ensemble, c’est l’éternelle volonté du club parisien avec ses entraîneurs. C’était déjà le cas avec Unai Emery puis avec Thomas Tuchel. Pochettino s’inscrivait lui aussi dans cette catégorie des techniciens qui montent au moment de sa nomination. Son profil, son passé de joueur du club, sa cote élevée jusqu’aux plus grands clubs du Vieux Continent : il cochait toutes les cases. Paris n’avait pas fait ce pari sur un coup de tête. Pochettino rentrait clairement dans le cadre de son projet.

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Il a d’abord semblé payant. Sortir successivement le Barça puis le Bayern en Ligue des champions durant ses six premiers mois à Paris n’était pas un mince exploit. Hormis Chelsea, le PSG n’avait jamais éliminé des clubs d’un tel calibre dans des tours à élimination directe en C1. Dans le bilan parisien de Pochettino, cela restera assurément son principal fait d’armes. Et le symbole de son échec. Dominé par le Barça, au retour, et par le Bayern, sur les deux matches, Paris s’en était remis au talent de ses individualités pour se qualifier. Kylian Mbappé, Keylor Navas et Neymar en tête. Et Pochettino n’a jamais su servir une autre recette.

Messi, le cadeau empoisonné

Il était pourtant l’homme qui avait mené Tottenham vers le haut de la pyramide européenne par le jeu. Il avait certainement l’intention d’imprimer la même philosophie à Paris. Mais il n’est pas allé au bout de ses idées. Un constant qui s’appliquait déjà à l’issue des mandats d’Emery et Tuchel. Pochettino a connu un destin comparable. Pire même. Son PSG a certainement été le plus pauvre sur le plan collectif de l’ère QSI. Pour un technicien dont les qualités sont unanimement reconnues en Angleterre, c’est pour le moins troublant.

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Que Pochettino n’ait pas réussi là où d’autres ont également échoué dit certainement tout des dysfonctionnements intrinsèques au PSG. L’Argentin a semblé, lui aussi, avoir pieds et poings liés. Comme d’autres avant lui, il a subi son effectif plus qu’il n’a agi dessus. Comme d’autres avant lui, il ne l’avait pas vraiment choisi, d’ailleurs. Le symbole, c’est Léo Messi. C’était une formidable opportunité pour Paris de récupérer celui qui allait devenir septuple Ballon d’Or. Mais pour son coach, cela signifiait un plan de jeu élaboré durant la préparation à revoir totalement. Et pour un adepte du pressing haut et de l’effort collectif, de devoir composer avec un joueur qui marche, au sens propre.

Accroché à une équipe qui ne lui ressemblait pas

Les dés étaient certainement pipés alors que la saison venait à peine de débuter. Paris venait d’apporter la dernière touche d’un mercato XXL avec toutes les attentes que cela pouvait impliquer, dans les résultats comme dans la manière. Ce n’était pas forcément l’effectif que Pochettino avait commandé, et cela doit être souligné. Mais c’est bien là qu’il a échoué. Dans la nécessité de s’imposer et de se réinventer, l’Argentin n’a rien osé. Il s’est invariablement accroché à un collectif bancal et dépendant de ses individualités. A une équipe qui ne lui ressemblait en rien.

C’est cette chance que Pochettino a laissé passer. Celle d’affirmer sa personnalité. Il ne s’agissait pas de devenir quelqu’un d’autre. Mais de franchir ce cap pour prouver sa capacité à réussir dans un club d’une autre dimension. Son échec ramène fatalement à un constat. Oui, c’est manifestement très difficile d’entraîner le PSG. Il n’est pas le premier à symboliser ce phénomène. Mais il fait partie de ces rares techniciens qui ont eu la chance de pouvoir prouver le contraire. Peut-être la chance d’une vie. Et Pochettino est passé à côté.

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