Masters de tennis : Aryna Sabalenka, une adversaire aussi flamboyante qu’inconstante pour Caroline Garcia

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Il y a près de trois semaines, sa défaite au premier tour du tournoi de Guadalajara (Mexique) face à la Russe Liudmila Samsonova avait, mathématiquement, assuré Caroline Garcia de participer aux Masters. Lundi 7 novembre, Aryna Sabalenka (7e mondiale) va retrouver la Française (6e mondiale) en finale du prestigieux rendez-vous de fin de saison, qui réunit les huit meilleures joueuses de l’année, à Fort Worth (Texas).

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La Biélorusse a créé la surprise la nuit dernière en renversant en demi-finales la Polonaise Iga Swiatek (6-2, 2-6, 6-1), numéro 1 mondiale et vainqueur de huit titres – dont Roland-Garros et l’US Open – cette année. Cette dernière, qui l’avait battue lors de leurs quatre dernières confrontations, avait pourtant survolé la phase de poules en remportant ses trois matchs en deux sets. « A chaque fois que je joue contre elle, je veux juste m’assurer de lui donner du fil à retordre », a réagi la septième joueuse mondiale après son exploit.

« La reine des doubles fautes »

A 24 ans, la joueuse originaire de Minsk va disputer, dans la nuit de lundi à mardi – à 3 heures, heure de Paris –, la plus importante finale de sa carrière. Un « miracle » pour celle dont le jeu puissant mais risqué lui a rendu la vie particulièrement dure en 2022. « J’ai été la reine des doubles fautes cette saison [398 au total cette année, elle est celle qui en a fait le plus], a-t-elle plaisanté avant le tournoi. Cette année a été vraiment difficile, je suis très contente d’être ici, c’est un miracle. »

Capable du meilleur comme du pire, la Biélorusse avait enchaîné les éliminations précoces lors des premiers mois de la saison, malgré un honorable huitième de finale à l’Open d’Australie, en janvier. Très agressive et dotée d’une grosse frappe de balle, celle qui est surnommée « la tigresse » en raison de son tatouage de tigre au bras gauche a ensuite montré les crocs et atteint la finale de Stuttgart (Allemagne) en avril, puis celle du tournoi de Bois-le-Duc (Pays-Bas) en juin.

Mais c’est surtout cet été que Sabalenka, qui avait terminé l’année 2021 à la deuxième place mondiale (son meilleur classement), a retrouvé de sa splendeur, et que les fautes directes ont laissé place aux coups gagnants. Demi-finaliste à l’US Open, la Biélorusse a aussi atteint, en août, les demi-finales du tournoi de Cincinnati, battue par… Caroline Garcia (2-6, 6-4, 1-6).

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Si les deux joueuses sont à égalité dans leurs confrontations (2-2), la Française aura l’avantage psychologique puisqu’elle a remporté leurs deux derniers matchs. « Aryna joue du très bon tennis ici, prévient tout de même la Lyonnaise dans les colonnes de L’Equipe. Elle prend sa chance. Il faudra que je lui mette de la pression, bien utiliser sa balle. »

« Je veux être moi-même, avec ma propre identité »

Joueuse expressive qui peut passer du poing serré et des « come on » stridents aux larmes et aux jets de raquette, la Biélorusse se laisse parfois submerger par le stress. Ce qui ne l’a pas empêchée de remporter dix titres en simple jusqu’à présent, et d’accéder sur le trône en double, après son sacre à l’Open d’Australie en 2021 avec la Belge Elise Mertens contre les Tchèques Barbora Krejcikova et Katerina Siniakova.

Si son jeu fait des étincelles, sa personnalité et son franc-parler aussi. Du haut de son mètre quatre-vingt-deux, Sabalenka en impose par les cris qu’elle pousse à chaque coup de raquette… même les balles amorties. Une habitude qui lui avait valu les moqueries du public australien lorsqu’elle avait affronté Ashleigh Barty au premier tour de l’Open d’Australie en 2018. « Je ne me préoccupe pas vraiment de ça parce que je ne suis pas la seule à le faire, avait-elle réagi auprès de Gulf News quelques semaines après. Je m’excuse auprès des joueuses si ça les perturbe, mais voilà, je suis comme ça. Je veux être moi-même, avec ma propre identité. »

A Fort Worth, la Biélorusse, désormais entraînée par son ancien sparring-partner Anton Dubrov, a, encore une fois, alterné le bon et le moins bon. Grâce à sa victoire contre Iga Swiatek en demi-finales, elle est devenue la quatrième joueuse de l’histoire à battre les trois premières mondiales dans un même tournoi – en phase de poules, elle s’est imposée contre la Tunisienne Ons Jabeur (2e mondiale) et l’Américaine Jessica Pegula (3e mondiale) et s’est inclinée face à la Grecque Maria Sakkari (5e mondiale).

« Là où j’ai progressé, c’est que quand quelque chose ne fonctionne pas, j’essaie de trouver autre chose pour gagner. (…) J’essaie de rester lucide et professionnelle », confiait-elle durant l’US Open. Reste à savoir quelle Aryna Sabalenka va se présenter face à Caroline Garcia la nuit prochaine.

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