La peur puis la libération : longtemps malmené, Lens a fait un grand pas vers la Ligue des champions après avoir dominé Reims (2-1), vendredi 12 mai, en ouverture de la 35e journée de Ligue 1. Avec 75 points, les Sang et or ont ainsi cinq points d’avance sur Marseille, qui reçoit Angers dimanche soir. Et Lens n’a, en outre, toujours pas dit adieu au titre, puisque le Paris Saint-Germain, leader, ne pointe qu’à trois points avant de recevoir Ajaccio, samedi.
En cette fin de saison, les Lensois ont l’avantage de se savoir maîtres de leur destin, eux qui sont assurés s’ils remportent tous leurs matches de finir à la deuxième place, synonyme de qualification directe pour la Ligue des champions. Ils ont, en revanche, pleinement conscience de la menace qui planerait sur eux au moindre faux pas, puisque Marseille aurait eu l’occasion, en cas de succès rémois à Bollaert, de reprendre la place de dauphin du Paris SG.
Cette hypothèse n’a vraisemblablement pas perturbé les Lensois en début de match. Ils se sont montrés plus entreprenants dans les premières minutes, à l’image d’une frappe de Loïs Openda stoppée en deux temps par Yehvann Diouf (4e) puis d’un centre dangereux que le gardien rémois a eu à sortir pour soulager sa défense (11e).
En infériorité numérique, Haise garde le cap
Loin de se désunir, les Champenois ont doucement sorti la tête de l’eau et ont à leur tour su se montrer dangereux par l’intermédiaire de Jens Cajuste, dont la frappe a cependant été trop molle pour inquiéter Samba (16e).
Douchés par la pluie intense qui s’abattait sur le stade depuis le début de match, les Lensois l’ont aussi été par la faute sifflée contre Kevin Danso, coupable d’une poussette sur Marshall Munetsi dans la surface (19e). L’arbitre n’a hésité ni en désignant le point de pénalty, ni en sanctionnant l’international autrichien d’un carton rouge. Malgré les sifflets assourdissants du public de Bollaert et la bonne anticipation de Brice Samba, parti du bon côté, Folarin Balogun a transformé ce pénalty d’une frappe ajustée au ras du poteau droit (0-1, 23e).
Bien que réduit à dix, l’entraîneur lensois, Franck Haise, a décidé de ne rien changer. Un choix qui a permis à Lens de continuer à aller de l’avant, mais qui les a aussi exposés aux attaques rémoises. Junya Ito (34e) puis Alexis Flips (36e) ont eu leur chance mais ont tous deux tiré à côté des cages.
Le capitaine Fofana encore décisif
Alors que se profilait la mi-temps, Lens a à son tour obtenu un pénalty quand Adrien Thomasson s’est effondré dans la surface, poussé par Emmanuel Agbadou (38e). Irréprochable dans cet exercice cette saison, Przemyslaw Frankowski l’a transformé d’une frappe puissante plein centre (1-1, 40e) pour revenir à égalité juste avant la pause.
Au retour des vestiaires, les Lensois avaient de nouveau de l’élan, mais Openda a manqué de tranchant par deux fois (46e, 50e). Comme face à Marseille le week-end dernier, la délivrance est venue du capitaine Sang et or, Seko Fofana. L’international ivoirien a récupéré le ballon à 25 mètres du but rémois et s’est défait de deux défenseurs rémois avant d’ajuster Yehvann Diouf d’une frappe croisée (2-1, 55e).
Privé d’une partie de ses ultras suspendus pour un match après des tirs de feux d’artifice et de fumigènes face à Monaco, le stade Bollaert a tremblé quand Balogun s’est effondré dans la surface après un duel face à Samba (73e). Mais le gardien français n’avait pas touché l’attaquant de Reims, qui a reçu un carton jaune pour simulation, après vérification de la VAR. Au final, Lens accroche un seizième succès à Bollaert cette saison en dix-huit matchs (un nul et une défaite).
Newsletter
« Paris 2024 »
« Le Monde » décrypte l’actualité et les enjeux des Jeux olympiques et paralympiques de 2024.
S’inscrire
« Je ne sais pas vraiment si on réalise ce qu’on fait, parce que c’est une saison exceptionnelle, personne ne nous attendait ici », s’est étonné l’attaquant lensois Florian Sotoca. Le club artésien n’est en effet plus qu’à trois matches − face à Lorient, Ajaccio et Auxerre − d’une deuxième place qui serait un exploit retentissant, trois ans après sa remontée en Ligue 1.