JO 2024 : le Sénat adopte la vidéosurveillance intelligente

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C’est l’article phare du projet de loi olympique, très axé sur la sécurité. Le Sénat a très largement voté mardi 24 janvier pour l’expérimentation de caméras dotées d’algorithmes à compter de cette année. L’objectif est de pouvoir déployer ce dispositif pour les Jeux de 2024.

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Pour la ministre des sports, Amélie Oudéa-Castéra, ce texte contient « les ajustements incontournables pour aller au bout de nos engagements et de nos besoins opérationnels pour la livraison et le bon déroulement des JO ». Le débat a été apaisé y compris sur les points les plus sensibles. L’article a été voté par 243 pour et 27 contre.

Cette loi arrive quelques mois après le fiasco de la finale de la Ligue des champions fin mai au Stade de France. Spectateurs sans billets escaladant les grilles, détenteurs de billets bloqués à l’entrée, familles aspergées de gaz lacrymogène par la police ou encore vols et agressions, la finale avait tourné au cauchemar.

Pour sécuriser les JO de Paris, susceptibles d’attirer 13 millions de spectateurs, et quelque 600 000 personnes pour la cérémonie d’ouverture le long des quais de Seine le 26 juillet, l’aide de caméras permettant de détecter des mouvements suspects dans les foules est réclamée par les autorités.

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Tant aux abords des enceintes que dans les transports adjacents, elles pourront aussi détecter « des objets abandonnés », ou encore permettre « des analyses statistiques, de flux de fréquentation par exemple », selon l’étude d’impact de la loi.

Opposition des communistes et écologistes

La mesure n’est pas du goût du Conseil national des barreaux (CNB). « Les avocats ne laisseront pas les Jeux olympiques se transformer en concours Lépine des atteintes aux libertés individuelles », a prévenu mardi son président Jérôme Gavaudan. L’association La Quadrature du net ne décolère pas non plus.

Les sénateurs communistes et écologistes ont marqué leur opposition. « Les JO sont un prétexte pour jouer aux apprentis sorciers, le marché est énorme », a regretté le sénateur écologiste Thomas Dossus, alors même qu’il s’agit de « technologies absolument pas matures » qui de surcroît pourraient « nourrir » des systèmes ensuite potentiellement utiles à des « tyrannies à l’autre bout du monde ». Eliane Assassi (PCF) a fustigé des JO devenant « un accélérateur de la surveillance » et un texte « cheval de Troie ».

Du côté du PS, les sénateurs sont soucieux « d’accompagner le développement dans de bonnes conditions ». Mais ils ne sont pas parvenus à ramener à septembre 2024 et non juin 2025 la fin de la période d’expérimentation.

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L’expérimentation de ces nouveaux outils pourra démarrer à compter de l’entrée en vigueur de la loi, mais aussi pour des manifestations « récréatives » et « culturelles ». Le texte a été retouché par le gouvernement après l’avis de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) et du Conseil d’Etat.

Pas de reconnaissance faciale

A la reprise de la séance en soirée, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, est venu défendre cette mesure, expliquant qu’il était important de « développer un cadre français » après qu’un peu plus tôt Amélie Oudéa-Castéra a redit que le gouvernement « ne voulait pas de la reconnaissance faciale pour les JO ». Marc-Philippe Daubresse (LR) a indiqué mardi qu’il déposerait une proposition de loi sur le sujet.

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Jouer

Le ministre de l’intérieur a aussi défendu la mesure permettant de « cribler » les personnes intervenant dans les fan zones (les soumettre à une enquête administrative) car sinon, « nous laisserions un énorme champ d’action aux terroristes ». Un amendement LR visant à pouvoir cribler les « intérimaires » a été adopté.

Autre mesure de sécurité : les scanners corporels, qui pourraient venir un peu supplanter le manque d’agents de sécurité privée, et notamment de femmes, que tout le monde anticipe. La mise en place de ces scanners intervient « avant d’en venir à l’armée », a lancé M. Darmanin, répondant à David Assouline (PS) qui a déposé un amendement sur le sujet.

Un vote solennel est prévu le 31 janvier.

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Le Monde avec AFP

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