JO 2024 : la difficile bataille de la création d’emplois en Seine-Saint-Denis

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Minicroisière en péniche sur la Seine afin de découvrir les chantiers des Jeux ; job dating en faisant du sport dans un stade avec des représentants d’entreprises de l’hôtellerie ou de la restauration ; immersion auprès d’agents de sécurité… Les principaux acteurs des Jeux olympiques et paralympiques (JOP), que ce soit le Comité d’organisation (Cojop), responsable de l’événementiel, ou l’établissement public chargé de la livraison des ouvrages olympiques, la Solideo, ne manquent pas d’imagination pour « vendre » les emplois liés à l’événement de l’été 2024.

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Il s’agit de concrétiser un discours officiel qui met en avant une volonté d’avoir des Jeux dits « solidaires » et devant être « une opportunité » pour les territoires d’accueil. Mais, à mi-parcours des travaux de préparation, un constat s’impose : entre les promesses de départ sur les retombées positives en matière d’emploi local et la réalité sur le terrain, il y a un écart. Si l’implication des institutions est grande, la difficulté à en faire bénéficier la population l’est tout autant.

En témoigne la situation en Seine-Saint-Denis, aux premières loges de ces Jeux, puisque ce département draine 80 % des investissements de la Solideo, avec des chantiers monumentaux, tels que le village olympique et celui des médias. « On devrait rebaptiser les Jeux Seine-Saint-Denis 2024 », s’amusait le président du conseil départemental, Stéphane Troussel, à la mi-janvier, lors d’un événement à la chambre de commerce de la Seine-Saint-Denis, visant à présenter des « opportunités d’affaires » liées aux Jeux.

Pour ce territoire, l’un des plus durement frappés par le chômage depuis plus de vingt ans –un taux de près de 25 % chez les 18-25 ans –, où le nombre de bénéficiaires du RSA est le plus élevé du pays, le postulat de départ était simple : les quarante communes allaient bénéficier de l’emploi créé par les Jeux. En mars 2019, Paris 2024 avait annoncé « 150 000 emplois directs créés sur la période 2018-2024 » dans les trois secteurs directement concernés par les Jeux : filière événementielle, tourisme et construction.

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Depuis, l’enthousiasme est descendu d’un cran. « Il s’agit d’emplois mobilisés, ce qui englobe surtout des emplois existants tournés vers les Jeux pendant une courte période, et des créations d’emplois temporaires, dont une partie pouvant bénéficier au département », résume Mama Kanouté, chargée de projets à la direction de l’emploi et de l’insertion au conseil départemental.

Le nombre d’acteurs impliqués dilue l’information

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