Fédération française de foot : le rapport confidentiel qui décrit une gouvernance dans le chaos

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C’est un document confidentiel de dix-neuf pages dont le contenu pourrait électriser une atmosphère déjà lourde dans les couloirs du siège parisien de la Fédération française de football (FFF). Le Monde a pris connaissance du rapport d’audit réalisé, en septembre 2020, par le cabinet de conseil privé Plein Sens, et commandé par le président de la FFF, Noël Le Graët. Il porte sur les dysfonctionnements et conflits qui agitaient déjà l’instance à cette époque.

Ce document, qui n’a jamais été intégralement divulgué aux salariés et aux élus fédéraux, est un élément central dans le cadre de la mission d’inspection diligentée à la FFF, en septembre, par la ministre des sports Amélie Oudéa-Castéra. Les conclusions sont attendues pour janvier 2023, après le Mondial au Qatar. Rédigé par Eric Molière, directeur associé de Plein Sens, ledit rapport a été réceptionné, en catimini, par M. Le Graët et sa directrice générale, Florence Hardouin. Une synthèse et des recommandations avaient ensuite été présentées aux élus du comité exécutif, en novembre 2020.

Intitulé « Enquête au sein de l’équipe de direction suite à plusieurs plaintes pour harcèlement », ce rapport expose les causes de la crise de gouvernance que traverse la FFF depuis le sacre des Bleus lors du Mondial russe de 2018. En septembre 2020, dix-huit directeurs, dont la « DG » de la fédération, ont été interrogés par le cabinet Plein Sens.

« Comportements outranciers »

Sur la base de ces auditions, le rapporteur décrit « un climat délétère confirmé par l’équipe de direction dans son ensemble », « une situation jugée intenable », « des relations définitivement abîmées », ainsi qu’un « conflit dur » entre cinq directeurs – dont trois ont quitté la FFF en 2021 – et la directrice générale. « Ce conflit aurait pu/dû être tranché avant par le président qui n’a pas réussi à choisir parmi ses plus proches collaborateurs, parfois amis », relève Eric Molière.

Pour l’ensemble des responsables entendus, la Coupe du monde 2018 représente un « tournant ». A cette époque, M. Le Graët se soigne d’une leucémie. Plusieurs directeurs estiment que Mme Hardoin s’est alors « affranchie un peu de l’autorité du président ». « Cette période va se caractériser par un rapprochement de la DG avec l’équipe de France et un éloignement de cette dernière de la Fédération tant physique que managérial, écrit Plein Sens. (…) Ce glissement est mal vécu par certain-e-s, qui voit dans cette position une façon maladroite de se faire valoir et de prendre la lumière auprès du sélectionneur national et de l’équipe de France. »

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