Coupe du monde : Sardar Azmoun, le buteur rebelle de l’Iran

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PAYS DE GALLES – IRAN 11 heures BeIN Sport 1

Depuis le début du rassemblement iranien à la Coupe du monde, Sardar Azmoun s’est fait discret. Lundi 21 novembre, le meilleur buteur de la Tim-e melli a commencé la rencontre du groupe B face à l’Angleterre sur le banc des remplaçants. Lorsqu’il a pénétré sur la pelouse du stade international Khalifa, à la 76e minute de jeu, son équipe était déjà malmenée par les Anglais, 5 à 1.

Dans les arrêts de jeu, au moment où son tir a été dévié d’un rien sur la barre transversale, le public a retenu son souffle. Lui aussi, certainement, car il savait que sa réaction serait épiée en cas de but. Célébrerait-il son exploit ou resterait-il de marbre en signe de soutien aux victimes des manifestations pour les droits des femmes en Iran ? Avant la rencontre, ses 11 coéquipiers titulaires avaient choisi de rester muets pendant la diffusion de l’hymne de la République islamique d’Iran. Vendredi, Azmoun pourrait bien être titulaire lors d’un deuxième match, crucial, face au Pays de Galles. Et les regards seront une nouvelle fois rivés sur le footballeur de 27 ans.

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Blessé début octobre avec son club allemand du Bayer Leverkusen, la présence au Qatar de l’attaquant a été incertaine jusqu’au bout. Pas seulement à cause de sa forme physique, mais aussi – et surtout – en raison de prises de parole courageuses sur son compte Instagram, en faveur des droits des femmes et contre la répression sanglante dans son pays, qui a fait au moins 350 morts depuis la mi-septembre.

Emblème national

Finalement présent dans la liste des joueurs retenus par le sélectionneur portugais Carlos Queiroz, qui a insisté pour qu’il y figure, l’élégant buteur a traversé comme une ombre les premiers jours du tournoi. La Tim-e melli organise le strict minimum médiatique, une seule conférence de presse obligatoire la veille de chaque match. Sans surprise, Azmoun n’y a pas participé.

Lundi, au milieu d’une déroute sportive et d’un contexte politique chargé, son entrée en jeu a redonné un peu de baume au cœur des nombreux fans iraniens. Sardar Azmoun a même atténué, l’espace d’un instant, les divisions nationales. Le joueur a été le seul à être salué par la minorité qui affichait des signes de soutien aux femmes iraniennes.

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Depuis la mort, le 16 septembre, de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs à Téhéran pour ne pas avoir respecté le code vestimentaire strict imposé par le régime, le footballeur issu de la minorité turkmène du pays est en passe de devenir un emblème national. Le 28 septembre, sur sa page Instagram, il a d’abord posté une photo de l’équipe féminine de volley-ball de sa ville natale de Gonbad-e Qabus – près de la frontière avec le Turkménistan –, où évolue sa sœur. Sa mère est également une coach réputée de ce sport.

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