Coupe du monde à la mode qatarie : un écran plat planté dans le sable

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Des banquettes disposées en U sous un bosquet de palmiers, un rond de grosses pierres pour délimiter l’âtre et un écran plat de 2 mètres de large, relié à une antenne satellite : c’est depuis ce campement à la fois rudimentaire et luxueux, dressé dans une plaine caillouteuse du nord du Qatar, qu’Abdallah Al-Thani, un trentenaire, membre de la famille régnante de l’émirat, suivra les matchs du Mondial.

Comme beaucoup d’habitants du pays, ce jeune entrepreneur, propriétaire d’une société d’importation de matériel de sport, n’aurait dérogé pour rien au monde à la tradition qui veut que, durant les mois les moins chauds de l’année, les Qataris se précipitent dans le désert. Certains n’y passent que le week-end, d’autres s’y installent pour des semaines entières.

Une façon pour ces Arabes du Golfe, passées en trois générations du chameau à la Porsche et des maisonnettes en terre crue aux palais de marbre, d’entretenir leurs racines nomades. « Monter une tente, alimenter un feu, dormir dans le désert, cela fait partie de mon ADN, clame Abdallah. Le pays est jeune, le sang bédouin coule toujours dans nos veines. » « Nous avons un proverbe chez nous, renchérit Salem Al-Kuwari, un cousin d’Abdallah. Celui qui ne connaît pas son passé n’a pas de futur. »

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Le salon en pleine nature est aménagé sur une terre familiale, où Abdallah a entrepris de bâtir une ferme. Des étables sont déjà sorties de terre. Elles hébergent quatre pur-sang avec lesquels le maître des lieux prévoit de participer à des courses d’endurance. Un cheptel de deux cents moutons devrait lui être livré prochainement et un vieux puits, où stagne une eau noirâtre, est en cours de curage. Un peu plus loin, des ouvriers bangladais, truelle à la main, s’affairent à monter les murs d’une petite cuisine, en pierre et en mortier.

Domestiques et groupe électrogène

L’endroit est situé non loin de la ville d’Al-Khor, où se déroule, ce dimanche 20 novembre, la cérémonie d’ouverture du Mondial. Alors que l’obscurité s’installe, la guirlande des lampadaires de l’autoroute menant vers le stade Al-Bayt, où se joue le match inaugural, Qatar contre Equateur, s’allume à l’horizon. D’autres lumières éclosent aux alentours, signalant la présence de plusieurs autres campements.

Les puristes aménagent de grosses tentes chapiteaux, baptisées « beit shaar » (la maison des cheveux en arabe), faites de couverture de laines, très isolantes. Les plus douillets optent pour des caravanes tout équipées, comprenant chambre à coucher, kitchenette et salle de douche. Dans tous les cas, le groupe électrogène et les domestiques, omniprésents dans la vie des classes aisées au Qatar, sont du voyage.

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