Coupe du monde 2022 : les Saoudiens, « ambianceurs » surprise à Doha

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Impossible de les rater dans les rues de Doha et aux abords des stades. Des trente-deux pays en lice dans la Coupe du monde, l’Arabie saoudite est probablement celui qui compte le plus de supporteurs présents au Qatar. Cent mille, deux cent mille ? Difficile de savoir. Les partisans des Faucons verts, le surnom de la sélection nationale, sont si nombreux qu’ils disposent d’une fan-zone attitrée, la « Saudi House », installée en bordure de la baie de Doha, sur une pelouse grande comme deux terrains de football.

On les reconnaît à leur bannière toute verte – frappée d’un verset du Coran –, à leur gigantesque baudruche verte, en forme de maillot de foot, qu’ils traînent souvent avec eux et à l’apostrophe goguenarde qu’ils lancent à tout bout de champ, depuis leur victoire retentissante, 2-1, sur l’Argentine : « But where is Messi ? » « Les Saoudiens aiment le football, aiment leur pays et aiment le montrer, c’est pour cela que nous faisons beaucoup de bruit dans ce Mondial », explique Nasser, un professeur de biologie, qui a fait sept heures de voiture depuis Riyad, pour assister au tournoi.

Probablement parce qu’il s’attendait à une défaite humiliante, comme le 5-0 encaissé contre la Russie en ouverture du Mondial 2018, le prince héritier Mohammed Ben Salman, dit « MBS », homme fort de la couronne, n’a pas assisté au match contre l’Argentine, pourtant entré dans les annales du foot saoudien. Pour se rattraper, le fils du roi Salman a accordé une journée de congé à la population du royaume.

Culture du stade et codes à part

Le coup d’éclat inaugural des Saoudiens a été suivi par une défaite honorable contre la Pologne, samedi 26 novembre, sur le score de 2-0. Les Faucons verts joueront donc leur qualification pour les huitièmes de finale, mercredi, contre le Mexique. Ce match devrait donner l’occasion aux supporteurs saoudiens de démontrer de nouveau leur talent d’« ambianceurs », dans la digne tradition du douzième homme. Leur délégation compte un noyau d’ultras, rompus à l’animation des tribunes. Les « Aïsh Salman ! » (« vive Salman »), un hommage au roi, et « Foq Am Al-Sahab ! » (« au-dessus des nuages »), deux de leurs cris de ralliement, devraient résonner dans l’immense stade de Lusail.

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La proximité géographique du royaume vis-à-vis du Qatar et son importance démographique (30 millions d’habitants) expliquent en partie la force de frappe des supporteurs saoudiens. Mais deux autres facteurs ont une importance : la longue histoire du ballon rond dans ce pays, où le premier club a été créé en 1927, avant même la fondation du royaume, proclamée cinq ans plus tard ; et le développement au sein de la population masculine d’une véritable culture du stade, avec ses codes à part.

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