Coupe du monde 2022 : la consommation d’alcool aux abords des stades interdite à deux jours du coup d’envoi

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Cachez cette bière que je ne saurais voir. A deux jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2022, le Qatar provoque une nouvelle controverse. En décidant, à rebours de ce qu’ils avaient annoncé depuis des mois, d’interdire la consommation d’alcool autour des stades du Mondial et de la restreindre aux « fan zones » établies dans la capitale, Doha, les organisateurs du pays du Golfe ont pris de court la Fédération internationale de football (FIFA). L’instance a entériné la décision dans un communiqué, vendredi 18 novembre, confirmant des informations du New York Times.

Deux jours avant le premier match du tournoi automnal, qui verra s’affronter le pays hôte et l’Equateur, dimanche 20 novembre (17 heures, heures de Paris), les organisateurs se retrouvent à gérer une nouvelle polémique qui, à défaut de bière, promet de faire couler beaucoup d’encre.

Depuis l’attribution, en 2010, de la Coupe du monde 2022 au Qatar, premier pays musulman à accueillir la grand messe du football, la question de la bière interroge. D’abord parce que les cohortes de fans se rendant aux matchs du Mondial sont d’ordinaires largement arrosées de boissons houblonnées, et ensuite – surtout – parce que l’un des grands sponsors de la FIFA et du tournoi est le brasseur Budweiser, dont la maison-mère, AB InBev’s, verse 75 millions de dollars à l’instance pour les quatre années englobant un tournoi.

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Virement de bord

Déjà détenteur du titre honorifique de « bière la plus chère de l’histoire de la Coupe du monde » – avec une pinte à 14 euros vendue dans les fan zones –, le Qatar avait poussé, une semaine avant le début de la compétition, pour faire disparaître les tentes rouges frappées du logo du brasseur américain des abords des stades. Désormais, seules les boissons non-alcoolisées (bière sans alcool, et toute la gamme de produits d’un autre sponsor, Coca Cola) y seront disponibles. Dans son communiqué, la FIFA a salué « la compréhension et le soutien » de son sponsor, contraint de mettre de l’eau dans sa bière depuis des semaines.

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Ce virement de bord à deux jours du lancement de la Coupe du monde a de quoi surprendre. Si le Qatar n’est pas le seul pays à interdire la vente d’alcool dans les stades – c’est également le cas en France, en raison de la loi Evin –, il avait promis depuis des mois d’accomoder les règles les plus restrictives de sa législation, directement inspirée de la charia, à la grande fête du football qu’est le Mondial.

Et pour les fans du monde entier, qui ne cachaient pas leurs réserves à l’idée de rallier le Qatar – et pas uniquement par peur de ne pas pouvoir boire de bière –, cet abrupt changement de règles vient rappeler que le pays hôte de la Coupe du monde est capable de modifier ses règles à tout moment. « Pour les fans, qu’ils ne boivent pas d’alcool ou qu’ils soient habitués aux règles interdisant l’alcool dans les stades chez eux, c’est un détail, ça ne va pas changer leur tournoi. Mais à 48 heures de l’ouverture, on a clairement pénétré dans un territoire dangereux, où les “assurances” n’ont plus guère d’importance. C’est extrêmement inquiétant », a commenté Ronan Evain, directeur général de Football Supporters Europe, sur Twitter.

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