Coupe du monde 2022 : jouer à l’automne, un défi pour la préparation physique des joueurs

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Le calendrier automnal de la Coupe du monde 2022 figure en bonne place parmi la litanie de critiques sur la compétition au Qatar. Cette première dans l’histoire – la compétition s’est toujours disputée en été – interroge sur l’état physique dans lequel les joueurs vont arriver dans le petit émirat gazier. Cette année, pas de stage de préparation pour les équipes en lice – à l’exception du Qatar, qui a extrait ses 26 mondialistes du championnat domestique plus de quatre mois avant le début des hostilités, et de quelques autres pays.

Selon un rapport de la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (Fifpro), publié le 15 novembre, la période « préparation-récupération » de ce Mondial est réduite en moyenne à sept jours, contre trente et un pour les éditions précédentes.

« Quand vous avez une trentaine de jours devant vous, vous pouvez adapter votre préparation entre ceux qui ont beaucoup joué et ceux qui ne jouent pas, relève Darren Burgess, ancien directeur de la performance de l’Australie, qui collabore désormais avec le Syndicat des joueurs. Avec seulement sept ou huit jours, vous ne pouvez pas remettre en condition ceux qui ont un faible temps de jeu en club mais qui sont des piliers de votre sélection. »

« Moins de kilomètres dans les jambes »

Pour placer une compétition d’un mois dans un calendrier déjà chargé, il a fallu resserrer les rencontres en clubs. Avec les coupes d’Europe, les semaines à trois matchs se sont accumulées entre septembre et novembre. Un rythme effréné, qui ne devrait pas forcément avoir d’impact sur la fraîcheur physique des joueurs au Qatar, à en croire Antonio Pintus, préparateur physique du Real Madrid, club qui compte beaucoup de joueurs dans la sélection espagnole.

« Les joueurs arrivent avec moins de kilomètres dans les jambes. En été, certains en sont déjà à 60 matchs. Ils n’en sont pas à la moitié cette année et vont arriver plus frais, argumente l’un des hommes de l’ombre du triplé madrilène en Ligue des champions, entre 2016 et 2018. Ce Mondial va être très intéressant en termes d’intensité. »

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Préparateur physique du Paris FC, Christophe Manouvrier abonde. « Les joueurs sont habitués à jouer en novembre-décembre, c’est comme s’ils jouaient en club et que leurs championnats continuaient. Ceux qui vont quitter le Mondial dès les matchs de poules auront même un peu plus de vacances que d’habitude », ironise celui qui a travaillé pour les sélections du Cameroun et du Maroc. Bien qu’inédite, cette fenêtre internationale ne suscite pas l’inquiétude des techniciens, qui insistent sur l’importance du travail en amont de la compétition, pour limiter les risques.

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