Charles Caudrelier remporte la Route du rhum et bat le record de la course, la « victoire de la maturité » pour le skippeur français

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Charles Caudrelier a franchi en vainqueur, mercredi 16 novembre à 10 h 2, la ligne d’arrivée de la Route du rhum. Parti de Saint-Malo (Ille-et-Villaine) le 9 novembre, le skippeur français a rallié la Guadeloupe en 6 jours 19 heures et 47 minutes, battant le précédent record de la course, établi en 2018 par Francis Joyon (7 jours, 14 heures, 21 minutes).

« Je ne suis même pas fatigué, a expliqué Caudrelier quelques instants après l’arrivée. J’avais tellement la gnaque, tellement envie de gagner. Je rêve de cette course depuis que je suis gamin et, il y a trois ans, on m’a offert ce rêve-là. Nous avons fait une course parfaite, pas eu un seul souci. C’est un travail d’équipe. Notre équipe [Gitana], c’est une écurie de formule 1, et moi, je ne suis que le pilote. »

La vérité sur Caudrelier ? « C’est celle de la méritocratie du large : deux tours du monde par étapes en équipage, un comme équipier, l’autre comme skippeur, dans la course la plus relevée du monde [Volvo Ocean Race], une victoire en Figaro [2004], et deux victoires en double dans la Transat Jacques Vabre [2009 et 2013] », résume Christian Le Pape, l’ancien directeur du Pôle Finistère course au large de Port-la-Forêt, sorte d’école normale supérieure de la régate en haute mer, dans laquelle sont passées, depuis trente-deux ans, les grandes signatures hauturières, de Michel Desjoyeaux à François Gabart en passant par Franck Cammas, le mentor de Caudrelier.

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En remportant cette 12e édition dans la catégorie Ultimes, Charles Caudrelier est devenu, en quelque sorte, un monument historique. Les historiens de la course au large viendront plus tard le visiter et lui demander de raconter sa course à travers des anecdotes. Pas sûr qu’il prenne plaisir à faire la visite guidée.

La victoire de Caudrelier, 48 ans, est aussi celle de la force de l’âge. « Ce parcours exceptionnel le propulse dans le cénacle des très grands marins. Bien sûr, il n’a pas la fulgurance de Gabart, ni sa précocité. C’est la victoire de la maturité », poursuit Le Pape, qui a eu les deux skippeurs au « pensionnat » du large.

« Un homme bien élevé »

Si vous souhaitez aborder Caudrelier, il faut y aller de front, comme si vous vouliez le heurter. Sinon il passe tout droit. La discussion avec lui ressemble toujours un peu à un match de boxe dans lequel il attend les idées et les raisons de son interlocuteur. Il guette les signaux, ou une faille, le laisse venir et frappe. Au sujet de la guerre intestine architecturale qui oppose durement la classe des Ultimes à François Gabart, soupçonné de n’avoir pas respecté la règle, il lance, quelques jours avant le départ, plein d’une rage contenue : « Vous me parlez de schisme, mais vous [les journalistes] l’avez sanctifié [Gabart] pour en faire une sorte de nouveau martyr, une sorte de saint François transpercé de flèches. » Comprendre : maintenant, débrouillez-vous avec votre sainte relique du large et votre encensoir.

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