Avec le Mondial au Qatar, le football passe un nouveau test de résistance

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Analyse. A l’image des ballons qu’il utilisait jadis, le football a le cuir épais. Au fil de son histoire, ce sport a traversé, sans que sa survie semble menacée, de multiples crises, de nombreux drames et moult évolutions, dont certaines furent brutales. On préférerait éviter un terme que l’époque galvaude souvent, mais quelle « résilience » le football ! La capacité de cette discipline à retomber sur ses pieds après avoir été confrontée à une « perturbation extérieure », telle que la définit le Larousse, est une nouvelle fois testée à l’occasion du Mondial 2022, qui commence dimanche 20 novembre, à Doha, avec le match Qatar-Equateur.

Pour cette Coupe du monde, la première organisée dans le monde arabe, il est d’ailleurs plus juste de parler de « perturbations extérieures » au pluriel. Car plusieurs sujets, sources de mille polémiques, escortent la compétition depuis l’attribution de son organisation au Qatar, le 2 décembre 2010 : soupçons de corruption des dirigeants de la Fédération internationale de football (FIFA), accidents mortels sur les chantiers des stades et infrastructures construits pour l’événement, facture environnementale, conditions de travail des immigrés, droits des femmes et des LGBT +… N’en jetez plus, la Coupe du monde est si pleine, et les débats si vifs, que certains fans envisagent, pour la première fois, de bouder « leur » fête quadriennale. Dans beaucoup d’autres secteurs, on parlerait, sans ambages, de « crise existentielle ».

A ce stade, il est instructif d’observer comment le football s’est réformé par le passé quand il a été confronté à des problèmes aigus ou à de véritables catastrophes. L’histoire de ce sport en est pavée. En ce qui concerne la sécurité, l’aménagement des stades et la gestion des supporteurs ont été totalement revus après les drames du Heysel (39 morts, à Bruxelles, le 29 mai 1985) et d’Hillsborough (97 morts, à Sheffield, le 15 avril 1989). Le hooliganisme connaît, après la période des stades vides pendant la pandémie de Covid-19, de graves résurgences. Mais, dans de nombreux pays, assister en famille et sans crainte à un match de football est redevenu – pour ceux qui ont les moyens de s’offrir des billets – chose envisageable.

La Libye de Kadhafi évitée

Dans leurs rapports avec les Etats, les responsables passés et présents de la FIFA, loin d’être exemplaires, sont restés à distance des régimes les plus inquiétants après s’être accommodé des agissements de la dictature argentine en 1978. De la Coupe du monde 1982 en Espagne à celle de 2014 au Brésil en passant par le Mondial 1998 en France, le rendez-vous phare du football s’est tenu dans des pays considérés comme des démocraties respectables. En 1984, la FIFA a judicieusement préféré l’Italie à l’URSS pour l’organisation du Mondial 1990. Et, en 2004, la Libye du colonel Kadhafi a fini par retirer sa candidature commune avec la Tunisie pour la Coupe du monde 2010, finalement attribuée à l’Afrique du Sud.

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