- Les coachs et les experts pullulent dans tous les domaines.
- Devenons-nous tous dépendants de ces conseils ?
- L’équipe de « Bonjour ! Avec vous » débat de l’essor du coaching en France.
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Bonjour ! La Matinale TF1
Les coachs se déclinent dans tous les domaines de la vie quotidienne : la cuisine, le rangement, la déco, le couple. C’est la folie des experts et du coaching. La question se pose : sommes-nous tous en train de devenir des assistés ? Sur Internet, les conseils fleurissent en matière d’éducation, par exemple. La société, qui pousse à la performance et à être le meilleur dans tous les domaines, conduit à vouloir se faire aider. « Il n’y a pas que des coachs sportifs, il y a aussi des coachs amoureux : coachs pour trouver l’amour ou pour faire durer son couple »
, rapporte Christophe Beaugrand dans « Bonjour ! Avec vous ».
Pourquoi les Français ont-ils besoin de coachs ? « On a vu une progression très importante à la fois de l’offre et de la demande. Cette offre fait aussi écho à une demande importante, une vraie demande d’aide dans une société de plus en plus compétitive, individualiste. C’est aussi des tentatives de recréer du lien social, c’est aussi l’expression d’un narcissisme un petit peu défaillant »
, explique Patrick Amar, dirigeant du cabinet Axismundi, psychologue et coach de dirigeants, interviewé dans « Bonjour ! Avec vous ».
Des anomalies dans les coachs de bien-être
En 2024, la France comptait 15.000 coachs dans tous les domaines : le sport essentiellement, mais aussi l’éducation, l’économie, la vie quotidienne.
Pour Yann, téléspectateur de Belfort, la surabondance de coachs est inutile. « On nous prend pour des bébés ! Comme s’il fallait un professeur pour tout. Qu’on arrête de nous prendre par la main »
, écrit-il à l’émission. De son côté, Mireille, de Carpentras, est satisfaite de son expérience. « C’est grâce à mon coach que j’ai réussi à me mettre au sport et que j’ai enfin réussi à perdre du poids. C’est bien de s’adresser à ceux qui savent pour nous montrer les bons exercices »,
estime-t-elle. Les coachs de bien-être sont répandus. Mais, la prudence est de mise. « La répression des fraudes a mené une enquête et 80% d’entre eux présentent des anomalies : par exemple les pratiques commerciales trompeuses, mise en avant d’un diplôme alors qu’ils n’en n’ont pas. L’information n’est pas très claire pour les consommateurs : un défaut d’affichage de prix, des clauses contractuelles abusives face au recours des clients et puis des coûts démesurés »
, alerte Cécile de Ménibus.
Rester vigilant face aux dérives
Dans le domaine du coaching, il faut aussi faire attention aux dérives sectaires. « Il n’y a pas de législation, il n’y a pas de définition officielle du coaching en France […] le gouvernement explique que s’il ne veut pas légiférer, c’est parce que ça signifierait reconnaître cette activité qui est très large, très floue. Ça serait un casse-tête juridique et politique »
, indique Bénédicte Le Chatelier. Ils sont soumis aux règles de droit commun, et ne peuvent pas, par exemple, exercer illégalement de la médecine. Un coach ne peut pas poser de diagnostic ou se faire passer pour un psychologue. « Le coach n’a pas vocation à faire des suggestions directes, c’est-à-dire qu’il n’a pas vocation à dire ‘fais ci, fais ça, change ta vie comme ça’. Si le coach commence à utiliser des techniques d’hypnose pour rappeler des souvenirs et tout ça, il faut se poser des questions »,
explique Hugo Winckler, avocat au barreau de Paris et président du Centre contre les manipulations mentales.




