lundi, février 2

Construit dans les années 30, au bord du Tigre, l’immeuble est l’œuvre de deux frères juifs irakiens, Ezra et Khedouri Lawee. En 1941, la communauté juive fuit massivement l’Irak. Les propriétaires du bâtiment s’exilent au Canada. Dix ans plus tard, une loi irakienne dénaturalise les Juifs. Les frères Lawee exilés sont alors déchus de leur nationalité, sans en être jamais avertis par l’État irakien.

Le bien reste pourtant dans leur patrimoine puisqu’en 1964, la France signe un contrat de location avec la famille Lawee pour y installer son ambassade. Mais cinq ans plus tard, en 1969, l’État irakien se déclare officiellement propriétaire et exige de percevoir les loyers.

Paris s’exécute et signera des contrats de location avec une administration irakienne responsable des biens des juifs dénaturalisés. Les frères Lawee ne perçoivent plus le moindre loyer. Le tribunal français devra donc décider si la France a fait preuve de complaisance face à cette politique antisémite et si elle doit verser plus de 21 millions d’euros de compensation, exigés par la famille.

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