samedi, mars 14

  • Un rassemblement pro-gouvernemental a été organisé, vendredi, dans plusieurs villes iraniennes.
  • Un événement traditionnel, chaque dernier vendredi du mois sacré de Ramadan, pour soutenir les Palestiniens.
  • Symbole d’un pays divisé entre partisans et opposants du régime des mollahs.

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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase

Des milliers de personnes dans les rues de Téhéran. Sur les images filmées par nos confrères de l’AFP, des manifestants, portrait à la main du nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, jamais vu depuis sa nomination, défilent dans la capitale iranienne. Et des slogans : « Mort aux États-Unis » ; « Mort à Israël ». À leurs côtés, de hauts dirigeants du régime de la République islamique, habituellement retranchés, qui s’offrent un bain de foule, malgré les bombardements tout proches. 

Le chef de la sécurité Ali Larijani et le président Masoud Pezeshkian, jusqu’ici discrets en public, ont ainsi défilé dans la matinée. Le chef de l’autorité judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, également présent, est même interrompu en pleine interview à la télévision d’État iranienne par un bombardement, qui frappe un quartier non loin. « Les gens ne craignent pas ces détonations, sous la pluie et sous les missiles, ils ne reculeront pas d’un pouce », peut-on l’entendre dire dans la vidéo en tête de cet article. Au moins une femme a été tuée dans une de ces frappes, d’après l’agence iranienne Irna.

Soutien… et menaces

Ce rassemblement pro-gouvernemental en soutien aux Palestiniens, organisé chaque année dans de nombreuses villes iraniennes le dernier vendredi du mois sacré du Ramadan, a rassemblé dans la capitale une importante foule – difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères – malgré la pluie et les bombardements dès le matin. Sur place, les participants clament leur soutien au régime. « Nous soutiendrons toujours l’Islam et notre cher dirigeant », assure une Iranienne, quand un autre affirme : « Nous continuerons jusqu’à notre dernier souffle ». 

« Le problème de Trump, c’est qu’il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée », a même lancé à la télévision d’État Ali Larijani. « Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera ».

Mais à l’écart de cette démonstration de force du régime des mollahs, d’autres Iraniens, opposants au régime, se font de leur côté plus discrets. À la frontière avec la Turquie chaque jour, une cinquantaine fuient leur pays. « Nous avons reçu de nombreux messages de menace de la part du gouvernement. Ils nous disent : ‘Ne faites pas de vagues' », témoigne un Iranien sous couvert d’anonymat pour protéger sa sécurité. « C’est dangereux pour nous de vous parler, quand on retournera en Iran, on risque d’avoir des problèmes », affirme un autre.

Seul un homme accepte de montrer son visage : même lorsque la guerre prendra fin, il ne rentrera pas chez lui car il a filmé des bombardements depuis sa fenêtre. En Iran, malgré les bombes et la guerre, le contrôle et la répression menés par les Gardiens de la révolution se poursuivent.

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Emmanuelle BINET, Sophie CHEVALLEREAU, Jeanne QUANCARD et Alexandra POUPON

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