Sur fond de tensions persistantes en Iran, Donald Trump a affirmé ce mercredi 14 janvier que les « tueries » avaient « pris fin » après la répression des manifestations par les autorités. Le président américain est toutefois resté évasif sur une éventuelle intervention militaire des États-Unis, indiquant que Washington suivrait de près la situation.
« Nous avons été informés par des sources très importantes de l’autre côté, et elles ont dit que les tueries ont pris fin », a déclaré le président américain lors d’un événement à la Maison Blanche, précisant que ces mêmes sources avaient affirmé que les exécutions prévues de manifestants n’auraient finalement « pas lieu ».
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Interrogé pour savoir si une intervention militaire américaine était désormais écartée, Donald Trump a répondu : « On observera ça et on verra quelle est la suite. » Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi a de son côté assuré que Téhéran était ouvert à la diplomatie.
Il a également affirmé qu’il n’y aurait « pas de pendaison aujourd’hui (mercredi) ou demain (jeudi) » dans une interview accordée à la chaîne américaine Fox News. Selon l’ONG Hengaw, basée en Norvège, l’exécution d’un Iranien de 26 ans arrêté au cours des manifestations, Erfan Soltani, prévue mercredi, a été reportée mais sa vie reste en danger.
Face à la violente répression du mouvement de contestation, l’un des plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979, Donald Trump a plusieurs fois menacé d’intervenir militairement ces derniers jours. Certains responsables ont durci le ton mercredi envers les États-Unis. Le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, a notamment averti que l’Iran est prêt à riposter « de manière décisive » à toute attaque.
À la demande des États-Unis, le Conseil de sécurité des Nations unies prévoit de se réunir ce jeudi 15 janvier, pour « un briefing sur la situation en Iran ».
Internet coupé, pour le septième jour consécutif
À Téhéran, le pouvoir judiciaire a promis des procès « rapides » et « publics » des manifestants arrêtés. « Tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel », a déclaré le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi.
Un responsable gouvernemental a affirmé devant quelques journalistes qu’aucune nouvelle « émeute » n’avait eu lieu depuis lundi. Pur autant, les autorités ne fournissent pas de bilan officiel à ce stade, l’identification des victimes étant toujours en cours, a précisé un autre haut responsable.
Internet était toujours coupé mercredi dans tout le pays, pour le septième jour consécutif, entravant l’accès aux informations. Les communications téléphoniques restaient limitées. La répression pourrait être « la plus violente » de l’histoire contemporaine de ce pays, a déploré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, exhortant les autorités à y mettre fin « impérativement ».
Les défenseurs des droits humains accusent la théocratie chiite de mener une répression brutale à huis clos, dans un pays de près de 86 millions d’habitants coupé d’internet depuis près d’une semaine sur décision des autorités.
Selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), également basée en Norvège, au moins 3 428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement, le 28 décembre. « Ce chiffre est un minimum absolu », avertit l’organisation, qui fait aussi état de plus de 10 000 arrestations.
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