dimanche, mars 22

Des dizaines de morts. Une attaque contre un hôpital au Soudan a fait au moins 64 morts, dont 13 enfants, a rapporté samedi 21 mars le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), appelant à « garantir la protection des civils, des soignants et des humanitaires ».

« Cette fois, l’hôpital universitaire (de) la capitale du Darfour-Est, El-Daein, a été frappé, faisant au moins 64 morts, dont 13 enfants, deux infirmières, un médecin et plusieurs patients », a déploré Tedros Adhanom Ghebreyesus sur X.

« Armes lourdes »

Selon l’OMS, l’attaque a impliqué « des armes lourdes » et frappé un établissement de soins de santé secondaire, touchant également des fournitures et des stocks.

La guerre sans merci qui oppose au Soudan depuis 2023 d’anciens alliés s’est intensifiée ces derniers mois avec une multiplication des attaques meurtrières de drones sur des zones résidentielles peuplées, des écoles ou des hôpitaux.

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L’immense région occidentale du Darfour est aujourd’hui en grande partie aux mains des paramilitaires, tandis que l’armée contrôle l’est, le centre et le nord du Soudan.

« Assez de sang a été versé. Assez de souffrances ont été infligées. Il est temps de désamorcer le conflit au Soudan et de garantir la protection des civils, des soignants et des humanitaires », a plaidé Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le bureau humanitaire de l’ONU au Soudan avait samedi déclaré être « consterné par l’attaque contre un hôpital au Darfour-Est hier (vendredi), qui aurait tué des dizaines de personnes, dont des enfants, et fait davantage encore de blessés ».

Ville contrôlée par les paralimitaires

L’ONG Emergency Lawyers, un groupe indépendant qui documente le conflit soudanais opposant l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), a indiqué que l’attaque avait touché l’hôpital universitaire d’El-Daein.

El-Daein, la capitale de l’Etat du Darfour-Est contrôlée par les FSR, est régulièrement la cible de l’armée, qui tente d’éloigner les paramilitaires du corridor central du Soudan.

Dans un communiqué cité par l’agence officielle Suna, l’armée soudanaise a affirmé « respecter les normes et le droit internationaux » et, sans accuser directement les FSR d’avoir attaqué l’hôpital, a souligné que ce type d’acte est « une pratique persistante et une activité quotidienne » des paramilitaires.

Une frappe précédente en mars, sur le marché d’El Daein, avait enflammé des barils de pétrole qui ont brûlé pendant des heures.

En dépit des condamnations répétées de l’ONU, les hôpitaux sont une cible régulière.

Près de trois ans de guerre au Soudan ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde.

Avec AFP

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