Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche
Au Soudan, 20 ans après le conflit au Darfour qui jetait près de 2 millions de personnes sur les routes, l’histoire se répète. Et s’aggrave : rien que dans cette région de l’ouest du pays, 5 millions d’enfants se trouvent aujourd’hui dans une situation de privations extrêmes, selon l’Unicef qui vient de lancer une alerte rouge.
Ainsi, dans certaines parties du Darfour, plus de la moitié des enfants sont désormais victimes de malnutrition aigüe, quand il ne s’agit pas, tout simplement, de famine comme c’est le cas à El-Fasher, où plus de 1300 enfants ont par ailleurs été tués ou mutilés en un peu plus de deux ans.
« Le silence du monde est tout simplement assourdissant ! »
Face à cette situation où la violence, la faim et les déplacements forcés qui s’entremêlent devraient susciter l’indignation de la communauté internationale, force est pourtant de constater qu’il n’en est rien, déplore Sheldon Yett, le représentant de l’Unicef au Soudan, depuis Port Soudan. «J’étais au Darfour il y a 20 ans. À l’époque, toutes les stars d’Hollywood se battaient pour monter dans un avion, un bus ou une voiture pour venir sur place. À l’inverse aujourd’hui, on a zéro attention, alors que la crise est bien plus grave et la situation bien plus complexe… Le silence du monde est tout simplement assourdissant ! », affirme ce dernier.
Parmi les autres différences entre les deux conflits, l’une des principales réside dans le fait que les humanitaires sont, cette fois, eux-aussi pris pour cible. Les convois d’aide, les hôpitaux, les marchés, les écoles : aucun endroit n’est sûr au Soudan, dixit l’Unicef qui n’a reçu pour le moment que 16% des fonds qu’elle réclame pour ses opérations au Soudan en 2026.
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