- Au lendemain du second tour, un sondage Ifop pour LCI se penche sur les personnalités qui sont considérées comme de « bons candidats » pour 2027.
- Le maire du Havre Édouard Philippe arrive en tête, talonné par Jordan Bardella, puis Marine Le Pen.
- La gauche n’apparaît qu’en huitième position, avec Raphaël Glucksmann et François Ruffin sur la même marche.
Une échéance chasse rapidement l’autre : dès les résultats du second tour des municipales dimanche soir (nouvelle fenêtre), les regards ont déjà commencé à se tourner vers la présidentielle. Et certains profils ressortent renforcés de ces scrutins locaux, principalement au centre, à droite et à l’extrême droite, selon un sondage Ifop pour LCI dévoilé ce lundi. D’après cette enquête, Édouard Philippe, Jordan Bardella et Marine Le Pen sont les personnalités considérées comme les plus à même d’être de « bons candidats »
pour la course à l’Élysée en 2027.
Le patron de Horizons et maire du Havre, réélu confortablement dimanche soir (nouvelle fenêtre), avait prévenu que le résultat des municipales conditionnerait sa candidature ou non à la présidentielle. Avec plus de 47% des suffrages, Édouard Philippe réussit donc son pari et pourra se lancer en campagne, qui devrait être initiée avec un meeting à Paris le 12 avril. L’ex-Premier ministre d’Emmanuel Macron est la personnalité qui ressort la plus confortée de cette séquence des municipales : près d’un Français sur deux (46%) le considère comme un « bon candidat »
pour devenir chef de l’État.
Jordan Bardella légèrement devant Marine Le Pen
Viennent ensuite les leaders du Rassemblement national, qui a engrangé plusieurs dizaines de victoires au second tour, sans toutefois parvenir à s’emparer de grandes villes (nouvelle fenêtre). Le président du parti Jordan Bardella est jugé « bon candidat »
par 45% des sondés, juste devant la cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen (42%).
Le dauphin prend ainsi une légère avance sur sa mentore, dont les ambitions présidentielles sont suspendues à la décision de la cour d’appel de Paris (nouvelle fenêtre), dans l’affaire des assistants parlementaires des eurodéputés. Le 7 juillet, la juridiction doit indiquer si elle confirme ou non sa condamnation à deux ans de port de bracelet électronique et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Si elle était empêchée de concourir, la triple candidate à l’Élysée devra passer le relais à Jordan Bardella, un scénario auquel le parti commence déjà à préparer les esprits (nouvelle fenêtre).
Selon le sondage Ifop, les Français plébiscitent ensuite plusieurs personnalités du centre à la droite, à commencer par le patron de LR et ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (36%), qui a déjà officialisé sa candidature pour 2027 (nouvelle fenêtre). Derrière lui suivent deux personnalités concurrentes, ex aequo à 35% : le garde des Sceaux Gérald Darmanin, qui a appelé dimanche soir à «
un seul candidat de la droite et du centre
(nouvelle fenêtre), et peut-être même de la gauche républicaine »
pour 2027, et le patron de Renaissance Gabriel Attal (35%), qui a déjà laissé paraître ses ambitions présidentielles (nouvelle fenêtre). Le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand, en piste également pour 2027, est quant à lui jugé « bon candidat »
par 31% des Français.
La gauche plutôt en fin de classement, Jean-Luc Mélenchon le clôture
Les premières personnalités de gauche n’apparaissent ainsi qu’à la 8e position du classement : le chef de file de Place Publique, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, et celui du parti Debout!, François Ruffin. Tous deux ont également affiché leurs ambitions pour l’Elysée, mais le second plaide pour une primaire à gauche (nouvelle fenêtre), tandis que le premier la refuse catégoriquement (nouvelle fenêtre).
Ils sont suivis par plusieurs chefs de parti : le communiste Fabien Roussel (27%), puis l’écologiste Marine Tondelier et le socialiste Olivier Faure (21% tous les deux). L’ex-président PS François Hollande termine en pied de classement, avec 20% des sondés qui le considèrent « bon candidat »
… Un score toutefois plus élevé que celui du leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, cible de nombreuses critiques à gauche ces deniers mois (nouvelle fenêtre), qui termine dernier avec 16%.
Dans le bas du classement, on trouve également plusieurs autres personnalités de droite, dont un autre rival de Bruno Retailleau, le président du groupe LR à l’Assemblée, Laurent Wauquiez (22%), ou encore le maire de Cannes et président de l’association des maires de France David Lisnard (20%). À l’extrême droite, le patron de Reconquête! Éric Zemmour et candidat en 2022 arrive avant-dernier (17%).
Le RN ressort le plus conforté de la séquence municipale
Dans le sillage des municipales, le sondage s’est penché plus largement sur la manière dont les Français perçoivent les partis politiques eux-mêmes : les résultats confirment certaines bonnes positions des personnalités qui les incarnent, mais pas toujours. Ainsi, c’est le RN qui ressort le plus
« plutôt renforcé »
des scrutins locaux (nouvelle fenêtre), avec 52% des Français qui défendent cette position. Mais seuls 14% le pensent pour Horizons, fragilisé par le camouflet de Christian Estrosi à Nice (nouvelle fenêtre), alors même que son patron Édouard Philippe arrive donc en tête du classement au niveau individuel.
Le deuxième parti qui a le plus profité de la séquence est LR, pour 30% des Français. En dépit d’échecs retentissants à Paris et Lyon (nouvelle fenêtre), il peut se targuer de l’avoir emporté face à la gauche dans des villes importantes, comme Clermont-Ferrand, Brest ou Limoges. Vient ensuite LFI, qui a réalisé une percée dans plusieurs grandes villes dont Roubaix et Saint-Denis (nouvelle fenêtre), et qui ressort « plutôt renforcée »
selon 26% des Français. Vient juste derrière le PS, victorieux à Paris notamment (nouvelle fenêtre), pour 23% des sondés.
Les Écologistes, qui ont perdu plusieurs villes-clés arrachées lors de la vague verte de 2020, ne ressortent confortés que pour 11% des Français, tout comme Reconquête!, dont la candidate Sarah Knafo s’est retirée au second tour dans la capitale. Enfin, Renaissance (10%), le PCF (7%), Place Publique (4%) et le MoDem (3%) clôturent le classement. Le chef de ce dernier parti centriste, l’ex-Premier ministre François Bayrou, a été délogé de son fief de Pau par les socialistes, ce qui semble éloigner résolument toute candidature pour 2027.
Enquête menée auprès d’un échantillon de 1090 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne le 23 mars 2026.




