- Le 12 juillet 2015, une femme de 89 ans était retrouvée morte chez elle à La Ferté-Gaucher.
- La victime, qui vivait dans une résidence pour personnes âgées, a été tuée et violée.
- Dix ans après ce crime, un homme a été mis en examen le 15 octobre 2025.
Un crime terrible qui avait horrifié la commune de Seine-et-Marne. Le dimanche 12 juillet 2015, vers 19h15, le corps sans vie d’une femme de 89 ans était découvert dans son logement au rez-de-chaussée d’une résidence pour personnes âgées à La Ferté-Gaucher.
Le domicile de la victime était verrouillé de l’intérieur et une fenêtre était entrouverte vers l’intérieur de l’appartement. Aucun vol ni aucune fouille n’ont été constatés chez la victime, décédée des suites de « traumatismes thoraciques, abdominaux et cranio-faciaux graves sans lésion d’entrave »
selon un communiqué publié jeudi soir par le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier. L’autopsie a aussi révélé qu’elle avait été violée et que son décès remonterait à la soirée du samedi 11 juillet ou la nuit du 11 au 12 juillet.
À proximité immédiate du cadavre avait été retrouvé un gilet présentant diverses traces dont du sang. Ce dernier a été très largement exploité. En vain dans un premier temps, avant de finalement livrer ses secrets…
Un homme mis en examen, écroué puis relâché
Entre 2015 et 2024 en effet, de très nombreux actes d’enquête ont été réalisés : enquêtes de voisinage, auditions de témoins, prélèvements ADN en vue de comparaison avec les traces découvertes sur la scène de crime…
C’est en avril 2019 finalement que les investigations ont permis d’identifier un premier suspect, un homme de 28 ans au moment des faits, qui a reconnu le meurtre avant de se rétracter devant le magistrat instructeur. « Mis en examen le 4 avril 2019 et placé en détention provisoire, il était finalement remis en liberté en mars 2020 et placé sous le statut de témoin assisté en juillet 2025. Les expertises révélaient notamment l’absence de son ADN sur la scène de crime »
, a indiqué le magistrat.
Les
analyses génétiques, réitérées à plusieurs reprises au cours de l’instruction, ont permis toutefois de mettre en évidence un ADN masculin sur le gilet présent à proximité du corps de la victime. Et cet ADN a parlé.
Un homme interpellé lundi dernier
Il aura fallu attendre cinq ans pour qu’une personne soit confondue. « Le 19 avril 2024, le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) établissait un rapport de rapprochement positif entre cet ADN et le profil génétique d’un homme né en 1986 en Seine-et-Marne. Il apparaissait que ledit ADN avait été prélevé lors d’une garde à vue pour des faits de violence par conjoint, le 22 mars 2024, au commissariat de police d’Auxerre »
, a révélé jeudi le magistrat.
Cet individu presque quadragénaire aujourd’hui n’avait en effet jamais été enregistré au FNAEG, jusqu’à présent, n’ayant été mis en cause que pour des délits routiers.
Des nouvelles investigations ont permis d’établir que le suspect avait, à l’époque des faits, vécu chez sa mère dans la commune de La Ferté-Gaucher et que l’une de ses arrière-grand-mères avait séjourné dans le même établissement que la victime.
Ce dernier, après que la police a rassemblé suffisamment de preuves, a été interpellé en placé en garde à vue lundi dernier, 13 octobre 2025.
Il l’aurait frappée, étouffée puis violée avec sa canne
Et face aux enquêteurs, le gardé à vue a admis avoir causé la mort de cette femme après avoir passé la soirée avec un ami et avoir trop bu.
Selon lui, il avait vu ce soir-là une fenêtre ouverte dans la résidence pour personnes âgées. « Après avoir circulé à pied dans la commune, il était revenu au niveau de la résidence, avait jeté une ‘pomme de terre’ trouvée sur place contre la fenêtre puis était entré dans le logement, ‘peut-être pour voir s’il y avait de l’argent' »,
a précisé le procureur dans son communiqué.
Pourquoi a-t-il « vrillé » par la suite ? Selon lui, c’est le réveil de la victime et l’interpellation verbale de celle-ci qui l’avaient « fait basculer du mauvais côté ».
Ainsi, il lui aurait « alors porté de nombreux coups de poing et de pied avant de l’étouffer à l’aide d’un coussin et d’une couverture »
, et de la violer post-mortem « à l’aide de la canne de la victime »
. Il avait ensuite nettoyé la scène de crime avec un plaid avant de quitter les lieux, prenant soin d’éviter les caméras de vidéosurveillance. Il avait ensuite jeté le plaid et la canne dans la rivière du Grand Morin, non loin.
Il pensait depuis plusieurs semaines à « violer quelqu’un »
Pourquoi un tel crime ? L’intéressé a expliqué aux enquêteurs qu’il pensait depuis plusieurs semaines à « violer quelqu’un »
et qu’il s’agissait de son « objectif à la base »,
a rapporté le procureur. Il précisait avoir voulu faire « au plus simple »
dans un endroit qu’il savait dépourvu de caméras.
« Il mettait cependant l’introduction de la canne dans le vagin de la victime sur le compte d’une ‘rage’ et de ‘l’alcool’. Interrogé sur ses gestes précis de dissimulation après les faits, il répondait ‘avoir fait les mêmes choses que l’on peut voir dans un film' »,
a précisé le magistrat.
Lors de son interrogatoire par le juge, il a déclaré « être soulagé d’avoir dit la vérité et que la machine soit enclenchée »
et a exprimé des « regrets immenses pour la famille ».
Il
a été mis en examen mercredi 15 octobre pour « homicide volontaire précédé, accompagné ou suivi de viol et viol sur personne vulnérable » et écroué.












