
Six jeunes, parmi lesquels un mineur et une jeune femme, ont été mis en examen mercredi 11 février à Paris. Ils sont soupçonnés d’être impliqués dans l’enlèvement et la séquestration début février d’une magistrate grenobloise et de la mère de cette dernière, a déclaré la procureure du Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco). Au moins quatre d’entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que deux autres attendaient encore mercredi soir de comparaître devant un juge des libertés et de la détention.
Les six suspects ont été interpellés le week-end dernier. Deux d’entre eux ont été arrêtés en Savoie samedi soir alors qu’ils tentaient de prendre un bus pour l’Espagne, selon une source proche du dossier. Du fait de la « particulière gravité » des faits, le Pnaco s’est saisi mercredi de l’affaire. « A ce stade, il n’a pas été mis en évidence de lien avec la profession de l’une des victimes dans les motivations de la commission des faits », a précisé la cheffe de ce parquet spécialisé dans un communiqué.
Précisément, les six suspects ont été mis en examen pour « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d’otage pour obtenir l’exécution d’un ordre ou d’une condition en bande organisée » et pour « association de malfaiteurs criminelle aggravée par la commission en bande organisée ».
Poursuite des investigations
« Ces investigations, qui vont se poursuivre, auront notamment pour but d’établir d’éventuels liens avec les précédentes procédures relatives à des extorsions de cryptoactifs dont s’est récemment saisi le Pnaco », a-t-elle poursuivi, listant notamment « les faits commis à Dompierre-sur-Mer, La Chapelle-Saint-Aubin, Saint-Léger-sous-Cholet, Sallanches, Puteaux, Verneuil et Challes-les-Eaux entre le 4 novembre 2025 et le 14 janvier 2026 ».
Les deux victimes, âgées de 35 et 67 ans, ont été retrouvées blessées vendredi dans un garage de Bourg-lès-Valence (Drôme) après avoir été séquestrées pendant une trentaine d’heures. « Elles ont pu profiter de l’absence de leurs ravisseurs pour se détacher » et appeler à l’aide en tapant contre la porte du garage, avait détaillé vendredi le procureur de Lyon, Thierry Dran, qui dirigeait alors l’enquête.
« Alerté par le bruit, un voisin est alors intervenu. Il a pu ouvrir la porte et ainsi permettre à nos deux victimes de s’échapper », avait-il ajouté. La magistrate, qui exerce à Grenoble, avait été enlevée jeudi vers 2 h 50 à son domicile de Saint-Martin-le-Vinoux (Isère), près de Grenoble, avec sa mère.




