jeudi, janvier 22

Les députés du groupe Les Républicains espéraient profiter de la journée de ce jeudi 22 janvier pour défendre leurs textes à l’Assemblée nationale, mais une partie des débats a été entravée par de vives tensions entre l’extrême droite et la gauche.

En cause: des propos du député du Rassemblement national Laurent Jacobelli. « Si vous voulez lapider des homosexuels, votez LFI (La France insoumise) », a notamment déclaré l’élu dans l’hémicycle.

Tout est parti de l’examen du premier texte du groupe parlementaire LR, qui a la main sur l’ordre du jour de l’hémicycle de 9 heures à minuit. Soit, une proposition de résolution visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes.

Des propos « insultants »

Au cours des débats, la députée Caroline Yadan – apparentée au groupe Ensemble pour la République et connue pour régulièrement croiser le fer avec les insoumis, notamment sur Gaza – évoque des « liens de proximités entre les LFIstes et les mouvances islamistes ». Plusieurs réponses de députés LFI s’en suivent, dont celle de Mathilde Panot, la présidente du groupe, qui dénonce des « calomnies » et des « mensonges ».

Ensuite, Laurent Jacobelli en remet une couche. L’élu d’extrême droite qualifie les insoumis d' »avocats des Frères musulmans », avant de se lancer dans une tirade:

« Les Frères musulmans veulent lapider les homosexuels, eh bien si vous voulez lapider les homosexuels, votez LFI. Les Frères musulmans veulent faire des femmes des fantômes et les servantes des hommes, si vous voulez aussi invisibiliser les femmes, votez LFI », lache-t-il.

« Inadmissible » pour Mathilde Panot

Dénonçant une sortie « inadmissible », Mathilde Panot demande au vice-président de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu, lui-même député du RN, une suspension de séance. À la reprise des débats, la gauche continue de s’insurger contre les déclarations de Laurent Jacobelli.

La cheffe des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, fustige des propos « insultants ». « Oser dire que si on veut voter pour lapider des homosexuels, il faut voter pour l’une des forces politiques de cette Assemblée, c’est inacceptable. C’est une injure à l’ensemble des personnes qui sont militantes de la cause homosexuelle et votent pour le Nouveau Front populaire parce que la vérité, c’est que ceux qui se lèvent pour défendre les associations LGBT c’est nous ! », lance-t-elle.

L’insoumis Pierre-Yves Cadalen abonde en son sens, dénonçant un « moment très grave ». « Étant moi-même député, étant homosexuel, je ne peux un seul instant tolérer que vous insinuiez que mon engagement aille à l’encontre de l’égalité humaine », s’insurge le député.

Le bureau de l’Assemblée saisi

La gauche exhorte ensuite Laurent Jacobelli à s’excuser et demande la saisie du bureau de l’Assemblée nationale, compétant pour prononcer des sanctions contre les députés.

Après une nouvelle interruption de la séance, le vice-président de l’Assemblée Sébastien Chenu indique que « le bureau sera saisi le 18 février prochain ». Ensuite, les débats sont à nouveau interrompus à la demande du groupe communiste.

À la reprise, le député Renaissance Pierre Cazeneuve dénonce des « propos absolument inacceptables », tout en appelant la gauche à cesser de demander à Laurent Jacobelli de s’excuser pour que la journée dévolue à l’examen des textes LR puisse se poursuivre normalement.

Lors d’un énième rappel au règlement, Sébastien Chenu coupe le micro du député insoumis Antoine Léaument. Ce dernier descend alors les marches de l’hémicycle pour s’adresser directement au vice-président de l’Assemblée, installé au perchoir. « Vous vous asseyez », lui intime ce dernier, avant de dénoncer des « menaces physiques » et de promettre une saisie du bureau. Entre-temps, Cyrielle Chatelain demande une nouvelle suspension de séance.

Article original publié sur BFMTV.com

Share.
Exit mobile version