À Téhéran, les caméras ne servent pas uniquement à réguler la circulation. Dans une capitale étroitement surveillée, elles participent au contrôle permanent de l’espace public. Selon une enquête du Financial Times publiée le 2 mars, ce réseau a joué un rôle central dans l’assassinat d’Ali Khamenei, tué samedi dans des frappes américano-israéliennes.
D’après le quotidien britannique, le piratage du système de vidéosurveillance de la capitale iranienne par les services israéliens a commencé il y a plusieurs années. Les flux, cryptés, étaient transmis vers des serveurs en Israël. Objectif : observer, recouper, analyser, et comprendre les habitudes de déplacement des plus hauts responsables du régime.
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Les agents chargés de la sécurité du Guide suprême, leurs chauffeurs, leurs itinéraires et leurs horaires ont été minutieusement cartographiés. Une caméra positionnée près du complexe de la rue Pasteur, où se trouvaient les bureaux de Khamenei, a quant à elle permis d’identifier les véhicules utilisés par les équipes de protection et de savoir qui accompagnait qui. À partir de ces images, les services israéliens ont reconstitué ce que le renseignement appelle un « pattern of life » : une routine détaillée des déplacements et des interactions.
Ce travail ne repose pas uniquement sur la vidéosurveillance. Les réseaux de téléphonie mobile ont également été infiltrés. Le jour de l’attaque, une douzaine d’antennes autour du complexe ont été neutralisées, rendant les téléphones injoignables et empêchant les équipes de protection de recevoir d’éventuelles alertes.
Le Financial Times souligne que la frappe ne relève pas seulement d’une prouesse technologique : elle résulte d’un choix politique. Longtemps, Israël s’est abstenu de viser directement le chef de l’État iranien, même en période de fortes tensions. La mort de Khamenei marque un basculement stratégique.
Les renseignements israéliens et américains ont appris que le Guide suprême tenait une réunion samedi matin avec plusieurs hauts responsables. C’est alors que l’opération, baptisée « Epic Fury », a alors été déclenchée.
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