samedi, mars 28

  • Quelque 2.000 infirmières se retrouvent privées de rémunération depuis février : leur employeur, l’association Asalée, se trouve en cessation de paiement.
  • L’organisation a été mise en redressement judiciaire et sa direction « mise à l’écart », a annoncé l’avocat de son comité social et économique.
  • Le gouvernement espère désormais une « refondation du dispositif », après un long conflit entre l’association et l’Assurance maladie.

Bientôt la fin d’un douloureux feuilleton ? L’association Asalée, qui emploie environ 2.000 infirmières en France et qui se trouvait en cessation de paiement depuis début mars (nouvelle fenêtre), a été mise en redressement judiciaire vendredi. Sa direction a été écartée, de quoi marquer un premier pas vers « une refondation », espère l’exécutif.

L’association a été mise en redressement judiciaire à l’issue d’une audience au tribunal des affaires économiques de Paris, a indiqué à l’AFP l’avocat de son comité social et économique, Me Thomas Hollande. Le tribunal a par ailleurs décidé « la mise à l’écart » de la direction de l’association, la gestion étant confiée « aux deux administratrices judiciaires qui ont été nommées, Me Hélène Bourbouloux et Me Alexandra Blanch », a-t-il précisé, soulignant que « l’enjeu principal est désormais d’obtenir très rapidement le paiement des salaires de mars »

Le ministère « prêt à accompagner la reprise du salaire »

« Le gouvernement se tient prêt à accompagner la reprise du salaire » des infirmières et infirmiers (nouvelle fenêtre), privés de rémunération depuis février, et « la refondation du dispositif », a réagi le ministère de la Santé dans un communiqué, avant d’ajouter que la procédure « doit permettre d’assurer rapidement le versement des salaires (…) y compris les arriérés ». « La situation incombe pleinement aux dirigeants de l’association », a ajouté la ministre Stéphanie Rist, dans un courrier aux parlementaires rendu public vendredi.

Le docteur Margot Bayart, la présidente d’Asalée, a elle fustigé « un déni de justice » dans un message à l’AFP vendredi soir. Mais elle a ajouté qu’elle avait rencontré « dès vendredi après-midi les deux administrateurs », et que son objectif « était le rétablissement immédiat et sécurisé des salaires, et la garantie publique de la continuité des soins ».

Créée en 2004 dans les Deux-Sèvres, Asalée emploie des infirmières qui travaillent avec des médecins libéraux pour accompagner les patients atteints de pathologies chroniques, dont le diabète. La direction se trouvait depuis des mois en conflit ouvert avec l’Assurance maladie, son financeur quasi-unique, qui lui verse environ 100 millions d’euros par an. Celle-ci a coupé ces versements en décembre, reprochant à la gouvernance de l’association de ne pas mettre en œuvre les recommandations émises par un rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales), très sévère sur sa gestion. 

M.L. avec AFP

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