
Un ressortissant du Kosovo et ancien membre présumé des forces indépendantistes kosovares a été arrêté, jeudi 5 février en Serbie, pays dont les autorités le soupçonnent d’avoir commis des crimes de guerre pendant le conflit survenu dans les années 1990, a annoncé le ministère de l’intérieur serbe.
Des membres du Service de découverte des crimes de guerre, « en coopération » avec les services de renseignements, « ont arrêté au poste frontière de Batrovci M. L., né en 1980, résidant de Pec [dans l’est du Kosovo], soupçonné d’avoir commis des crimes de guerre », a déclaré le ministre de l’intérieur serbe, Ivica Dacic, cité dans un communiqué. Le poste-frontière de Batrovci se trouve dans le nord-ouest de la Serbie, à la frontière avec la Croatie.
Le conflit de 1998-1999 entre les forces serbes et la guérilla indépendantiste kosovare, qui s’était terminé par des frappes de l’OTAN contre la Serbie, avait ouvert la voie à l’indépendance de l’ancienne province méridionale serbe, à majorité albanaise, proclamée en 2008 mais jamais reconnue par Belgrade. Environ 13 000 personnes ont été tuées dans ce conflit, dont 11 000 Kosovars albanais, pour la plupart des civils.
Placé en garde à vue
Ancien membre présumé de l’armée de libération du Kosovo (UCK), M. L. est soupçonné d’avoir « participé à des attaques terroristes » dirigées contre des policiers et des militaires serbes, et notamment à un « enlèvement et au massacre d’agents de police », selon M. Dacic, qui ne précise pas le nombre de victimes.
M. L. a été placé en garde à vue pour une durée de quarante-huit heures, délai à l’issue duquel il devrait être remis au parquet sous une accusation de crimes de guerre.
Près de vingt-sept ans après la fin de la guerre au Kosovo, environ 1 600 personnes sont toujours portées disparues, dont environ deux tiers de Kosovars albanais et un tiers de Serbes, a récemment fait savoir un responsable du gouvernement serbe chargé du Kosovo, Petar Petkovic.




