mardi, février 3
« Seppuku. Les funérailles de Mishima ou le plaisir de mourir », d’Angélica Liddell, à Gérone (Espagne) le 22 novembre 2025.

Trois spectacles, trois funérailles : avec Seppuku. Les funérailles de Mishima, ou le plaisir de mourir, actuellement joué au Théâtre national de Strasbourg (TNS), l’Espagnole Angélica Liddell clôt un cycle consacré à la disparition de figures fondatrices. En mars, elle proposera un spectacle monumental autour de Karen Blixen (1885-1962), sur lequel nous reviendrons ; après celui qu’elle rendit à Ingmar Bergman (1915-1982) en 2024 au Festival d’Avignon, voici donc son hommage à Yukio Mishima (1925-1970).

Arrivée dans le désordre sur les scènes françaises, cette trilogie mériterait d’être présentée dans sa totalité par un théâtre ou un festival qui pourrait prendre ce risque : déployer une nuit entière de veille flamboyante au chevet des écrivains qui ont marqué l’artiste. Et lui ont permis de cheminer entre rage, désespoir, lucidité et exaltation vers ce qui est, à ses yeux et ceux de Mishima, une preuve ultime de liberté, le summum de la sincérité et l’absolu de l’art : le suicide.

Dans un de ces monologues édifiants qui structurent chacune de ses créations et autour desquels s’articulent des tableaux visuels et musicaux, Angélica Liddell martèle : « Je demande la fin de vie. » Le texte, impressionnant, bascule de la fureur misanthrope à un désarroi intime et une solitude bouleversante. « Chacun de mes mots était un adieu. Mais, sincèrement, je crois que vous ne m’avez pas écoutée », conclut celle dont on se demande, et c’est là sa force inouïe de persuasion, si et à quel moment elle passera à l’acte pour de bon.

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