jeudi, avril 9

Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier

Assis sur un banc à l’ombre devant la faculté de médecine, Absa n’a rien oublié de la journée du 9 février. Des bâtiments en feu, des chars, des forces de l’ordre. C’est comme si c’était hier, raconte l’étudiante. Et pourtant…

« Plus personne n’en parle. On ne sait pas si des enquêtes ont été bien faites Je trouve qu’ils ont en quelque sorte bâclé l’histoire. On devrait avoir des réponses beaucoup plus claires, mais ce n’est pas le cas ».

Quelques jours après la mort d’Abdoulaye Ba, le procureur de Dakar avait expliqué ce drame par une chute mortelle du troisième étage du pavillon F. Une réponse jugée insuffisante par Pharmaton, sans preuves présentées jusqu’alors et sans prise en compte, dit l’étudiante, de la répression policière en cours dans les chambres au moment du drame.

« La question que je pose, c’est pourquoi Abdoulaye Ba, il a voulu sauter, c’est qu’il y a une raison qui l’a poussé à sauter parce qu’il a vu des choses qui l’ont poussé à sauter. Ceux qui devraient protéger, on les fuit et ce n’est pas normal ».

Sur le campus. La journée du 9 février a laissé des traces. Des étudiants blessés ou traumatisés ont abandonné leur cursus. Radim, lui, a le visage grave. Il est l’un des meneurs de la contestation.

« Ça pèse lourd dans notre conscience, ça pèse lourd sur notre quotidien. Abdoulaye Ba, nous disons que nous sommes des frères d’armes et, jusque-là, nous portons le combat. Nous continuerons aussi de le porter pour honorer la mémoire, de garder notre dignité. Nous, nous ne l’avons jamais oublié et nous n’oublierons jamais ».

Ce soir, à l’université, des étudiants marcheront pour honorer la mémoire de leurs camarades.

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