lundi, février 16

Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier

La posture du procureur a suscité une vague d’incompréhension. Pour certains, elle contredit même un élément connu du dossier. Le rapport d’autopsie d’Abdoulaye Ba, authentifié par RFI et relayé en ligne la semaine passée. Ce document confirme une mort violente avec la trace d’une série de chocs à l’origine d’hémorragies internes.

Le Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (COMES) demande à la justice de prendre en compte l’expertise médicale. « Il y a eu des fractures de côtes, des fractures observées au niveau de son squelette. Tous ces éléments convergent vers un traumatisme majeur dans des circonstances de répression des forces de l’ordre et de sécurité. La justice devra faire son travail en se basant sur ce rapport d’autopsie », affirme son président, le docteur Moussa Koté.

« Que justice soit rendue »

Indignation du côté des étudiants. Amadou Ba est président de la coordination des étudiants de Saint-Louis. Il fait le parallèle avec le cas de Mouhamadou Fallou Sène, un jeune homme, mort, lui aussi, dans un contexte de répression policière. C’était en 2018 à l’université Gaston Berger de Saint-Louis.

« Depuis 2018 et jusqu’à aujourd’hui, on constate que le dossier est dans le tiroir de la justice et justice n’est jamais rendue pour les camarades tués dans les universités. Cela doit cesser ! L’université n’est pas un champ de bataille, ce n’est pas un cimetière ! Que justice soit rendue », assène-t-il.

L’Amicale des étudiants de médecine appelle à ne pas regagner l’université en l’absence de garanties sur la transparence de l’enquête.

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