
Pour sa première exposition dans la galerie Templon, à Paris, Léonard Martin, né en 1991, en prend possession avec une assurance qui n’est pas celle d’un débutant. Sur les murs, il a placé ses grandes toiles chamarrées et dansantes et, au centre, plusieurs figures plus ou moins anthropomorphiques, aussi colorées et dynamiques que ses peintures. Elles lui ont été suggérées par un séjour à La Nouvelle-Orléans, son carnaval et ce qu’il a perçu de la situation d’une ville aussi cruellement inégalitaire que culturellement diverse. Cette diversité, il la transcrit de façon explicite : chaque toile est un tournoiement d’éléments visuels hétérogènes dispersés sur la surface, qu’aucune composition visible n’ordonne. Ils flottent dans l’air, s’agrègent ou se superposent. Certains sont plutôt abstraits ou ornementaux, guirlandes de taches colorées et fragments de géométrie. La plupart relèvent de la figuration, obtenue par un graffiti, un emprunt aux comics, la citation d’une photographie en noir et blanc ou celle d’un maître ancien, Cranach par exemple. Il y a même des bribes de natures mortes, fruits, balle de base-ball ou lunettes de plage. Cette manière de rapprocher formes et images hétérogènes s’est vue, dès les années 1980, dans les toiles de David Salle, mais Martin la pousse jusqu’à une sorte de rococo contemporain qui, pour l’instant, n’appartient qu’à lui.
« Chef menteur ». Galerie Templon, 30, rue Beaubourg, Paris 3e. Jusqu’au 14 mars, du mardi au samedi de 10 heures à 19 heures.



