Télescope James-Webb : son album de l’été

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Les moissons du ciel continuent d’être abondantes pour le télescope spatial James-Webb (JWST). Fruit d’une collaboration entre les agences spatiales américaine, européenne et canadienne, le successeur du télescope Hubble est en orbite à 1,5 million de kilomètres de la Terre depuis fin janvier. Après le feu d’artifice des 11 et 12 juillet montrant ses premières images extraordinairement détaillées d’une nébuleuse (la Carène), de galaxies en collision (le Quintette de Stephan), d’une portion de ciel constellée de galaxies, d’une nébuleuse planétaire (dite de « l’anneau austral ») et d’un sondage de la composition atmosphérique d’une exoplanète, les récoltes estivales sont toutes aussi bonnes.

« C’est extraordinaire. Les performances prévues sont dépassées. La qualité des données est à la hauteur des promesses. On vit un rêve ! », s’enthousiasme Hervé Dole, professeur à l’Institut d’astrophysique spatiale, à l’université Paris-Saclay. « L’instrument est incroyable. Il peut imager aussi bien Jupiter que des galaxies lointaines dont la brillance est un à dix millions de fois plus faible », estime Olivier Berné, chercheur du CNRS à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie à Toulouse.

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Chaque jour, le miroir de 6,5 mètres du JWST pointe vers des sources aussi variées que de très lointaines galaxies ou des étoiles apparues dans le premier milliard d’années de l’Univers, des amas de galaxies plus proches, des supernovæ, des exoplanètes, des planètes de notre système solaire, des comètes ou des astéroïdes… « On s’est jeté sur ces données », clame Hervé Dole, qui a déjà soumis un article sur la présence hypothétique du plus lointain proto-amas de galaxies jamais repéré, 600 millions d’années après le Big Bang. Un proto-amas est un regroupement géographique de galaxies, ici moins d’une dizaine, qui deviendra un véritable amas des millions d’années plus tard, avec beaucoup de gaz chaud en son sein. « Jamais je n’avais rédigé un article en quinze jours. On s’est lancé dans le hall d’un hôtel avec un collègue en regardant l’image du ciel profond, quelques jours après sa diffusion le 11 juillet. On s’attendait à avoir les résultats rapidement, mais là c’est quasi immédiat ! », raconte l’astrophysicien.

Mais c’est un de ses collègues à l’ENS de Lyon, Johan Richard, avec d’autres chercheurs américains, anglais ou encore suisses, qui a dégainé le plus vite. Dès le 14 juillet, à 19 h 55, heure de Paris, soit moins de 3 jours après la révélation de la première image, il met un preprint en ligne sur le site spécialisé arXiv.org pour caractériser la galaxie qui déforme l’image du ciel et agit comme une loupe vis-à-vis de galaxies éloignées situées au-delà. « On a même commencé l’analyse à l’œil nu à partir de l’image fournie. Puis on a utilisé les données plus brutes », rappelle Johan Richard, qui a depuis cosigné trois autres preprints. Treize secondes plus tard, une autre équipe réplique, sur le même sujet…

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