La serre de Gregor Mendel, père de la génétique, reconstruite

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La République tchèque a célébré, en 2022, le bicentenaire de la naissance d’un des plus grands savants du XIXsiècle : Gregor Mendel (1822-1884). Injustement méconnu, ce moine de l’abbaye augustinienne Saint-Thomas de Brno, en Moravie, a mis en place les bases de la génétique, dont il est le plus important précurseur, et a révolutionné la compréhension qu’on avait de l’hérédité. Il y a vécu quarante-deux ans et y a effectué l’ensemble de ses recherches, principalement dans une grande serre (de 30 sur 6 mètres), construite en 1854 à l’initiative du père abbé, pour lui faciliter ses recherches entamées dans un petit jardin expérimental.

Là, il a croisé des petits pois, et les hybrides obtenus lui permirent de découvrir les lois sur l’hérédité, qui définissent la manière dont les gènes se transmettent de génération en génération. Le botaniste allemand Carl Correns baptisera ces lois du nom du religieux en 1900. Incompris en son temps, ce moine-chercheur humble et lucide avait anticipé la reconnaissance tardive de ses travaux ainsi qu’il s’en confia à des proches en leur disant : « Mon temps viendra. » Son temps est venu seize ans après son décès avec la parution de publications scientifiques confirmant son intuition.

Curieusement, ce boulimique de connaissances a consacré la plus grande partie de son temps à une autre science : la météorologie. Il avait installé une petite station sur le rebord de la fenêtre de sa cellule et il fut le premier à décrire une tornade.

La serre de Gregor Mendel, dans l’abbaye Saint-Thomas de Brno (Tchéquie), en novembre 2022.

La serre, qui a marqué l’histoire de la génétique, n’a pas connu la même longévité que les lois de Mendel. Elle a disparu. Une nouvelle a été inaugurée le 12 novembre 2022. Son concepteur, Ondrej Chybik, s’est inspiré du bâtiment d’origine, notamment de la pente de son toit. Elle sert désormais d’espace polyvalent.

Le 6 janvier, elle a accueilli une importante cérémonie réunissant scientifiques et religieux à l’occasion de l’anniversaire de sa mort, clôturant ainsi cette année commémorative – également marquée par la restauration et l’agrandissement du musée qui lui est consacré à l’intérieur du monastère. Aucun détail n’a été négligé. Le livre édité à cette occasion est imprimé sur un papier artisanal dans la composition duquel a été intégré… un mélange de petits pois. Le premier exemplaire, numéroté, a été offert au pape François.

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