La rTMS est une thérapeutique innovante de la dépression qui doit être reconnue

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Fin juillet, la Haute Autorité de santé (HAS) a rendu public son rapport sur la stimulation magnétique transcrânienne répétée (rTMS) dans le traitement de la dépression
résistante de l’adulte. Ce rapport était très attendu par la communauté des psychiatres et le verdict est tombé : 70 pages pour un avis négatif sur l’intérêt de la rTMS à haute fréquence
dans le traitement de la dépression après échec de deux traitements antidépresseurs.

Environ 150 centres rTMS se sont pourtant structurés, en majorité dans des hôpitaux publics, pour répondre à un besoin majeur de santé publique : la prise en charge de la dépression, affectant une personne sur cinq au cours de sa vie et dont l’incidence explose depuis le début de la crise due au Covid-19. Le principe de la rTMS est de moduler des zones du cerveau à l’aide d’impulsions magnétiques délivrées par une bobine sur le crâne du patient, quotidiennement pendant plusieurs semaines pour aider les neurones à rétablir des connexions cérébrales.

L’avis négatif émis par la HAS contraste avec l’ensemble des recommandations d’experts et
la position favorable des autorités de santé de nombreux pays à travers le monde, qui reconnaissent l’efficacité thérapeutique de la rTMS lorsque les symptômes dépressifs sont modérés et que le niveau de résistance aux antidépresseurs est faible à modéré. Les analyses médico-économiques montrent toutes des coûts globaux équivalents ou inférieurs à d’autres stratégies thérapeutiques médicamenteuses ou l’électroconvulsivothérapie (ECT, les anciens électrochocs) avec des résultats pertinents en matière d’amélioration de l’état de santé et de la qualité de vie des malades.

Manque de rigueur des procédures d’évaluation

Cet avis est d’autant plus surprenant que la HAS a rendu un avis favorable en juin pour l’utilisation de la rTMS mais aussi de la stimulation électrique à courant continu (tDCS) dans les troubles aphasiques post-AVC (troubles du langage et de la communication secondaires à un accident vasculaire cérébral) alors même que les recommandations d’experts rapportent un niveau de preuve scientifique faible ! Pour émettre son avis sur la place de la rTMS dans la rééducation de l’aphasie post-AVC, le groupe d’experts de la HAS s’est appuyé sur une seule méta-analyse (méthode scientifique visant à regrouper les résultats d’études différentes). La thématique de la rééducation motrice post-AVC, qui possède pourtant un plus haut niveau de preuve d’efficacité, n’a pas été évaluée. Cela témoigne d’un manque de rigueur scientifique dans les procédures d’évaluation, faisant naître un sentiment de « deux poids, deux mesures ». Faut-il y voir une marque de plus de la stigmatisation que peuvent subir les patients souffrant de dépression ?

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