La Chine a terminé l’assemblage de sa station spatiale

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Le troisième et dernier module de la station spatiale chinoise Tiangong s’y est accroché mardi 1er novembre, après son lancement réussi lundi, ce qui doit lui permettre d’être pleinement opérationnelle, dans le cadre de l’ambitieux programme de la Chine dans l’espace.

La volonté chinoise de bâtir une station spatiale a été nourrie en partie par le refus américain d’accepter des Chinois dans le programme de la Station spatiale internationale (ISS), une collaboration entre les Etats-Unis, la Russie, le Canada, l’Europe et le Japon.

Baptisé Mengtian (« rêve des cieux »), le module a été lancé à 15 h 27 (08 h 27 à Paris) par une fusée Longue Marche 5B depuis l’île tropicale de Hainan, selon la télévision publique CCTV. Depuis une plage voisine du centre de lancement de Wenchang, des photographes amateurs et des passionnés d’espace ont immortalisé l’événement.

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« Palais céleste »

« Le module expérimental Mengtian est entré avec précision sur l’orbite prédéfinie », a indiqué quelques minutes plus tard à la télévision un responsable de la mission, Deng Hongqin. « Je déclare que ce lancement est un total succès », a dit M. Deng, entouré de collègues enthousiastes dans la salle de contrôle.

Environ treize heures plus tard, aux petites heures de mardi, en heure chinoise, Mengtian s’est accroché à Tiangong, a rapporté l’agence de presse étatique Chine nouvelle, citant l’agence spatiale chinoise. Mengtian est le troisième et dernier élément majeur de la station spatiale Tiangong (« Palais céleste ») en forme de T.

Semblable en taille à la défunte station russo-soviétique Mir, celle-ci devrait avoir une durée de vie d’au moins dix ans. Elle doit permettre à la Chine de maintenir une présence humaine de long terme dans l’espace. Son assemblage a nécessité un total de onze missions.

La dernière ce lundi a permis d’acheminer des équipements scientifiques de pointe. « La première horloge atomique froide » a notamment été envoyée dans l’espace, s’est félicitée l’agence officielle Chine nouvelle. Le dispositif doit permettre à terme d’avoir une mesure du temps plus précise.

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Retard comblé

Depuis juin, trois astronautes, dont une femme, sont dans la station spatiale chinoise, pour une mission d’environ six mois. Même si la Chine ne prévoit pas de coopération internationale pour sa station, Pékin a assuré être ouvert à une collaboration étrangère. Le géant asiatique investit depuis plusieurs décennies des milliards d’euros dans son programme spatial, ce qui lui a permis de combler l’essentiel de son retard face aux Américains et aux Russes.

Le lancement de lundi est « très important », a souligné à l’Agence France-presse (AFP) Chen Lan, analyste du site Go-Taikonauts.com, car il « conclut le plan spatial sur trente ans de la Chine, débuté en 1992 ». « Avec l’achèvement de sa station spatiale, la Chine joue désormais à armes égales avec les Etats-Unis, la Russie et l’Europe dans l’espace, ce qui lui confère également une influence politique importante », a-t-il ajouté.

La Chine avait envoyé son premier astronaute dans l’espace en 2003. Elle a ensuite posé en 2019 un engin sur la face cachée de la Lune, une première mondiale. En 2020, le pays avait rapporté des échantillons de Lune et finalisé Beidou, son système de navigation par satellite – rival du GPS américain. L’année suivante, il avait fait atterrir un petit robot sur Mars. La Chine prévoit d’envoyer des hommes sur la Lune à l’horizon 2030.

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Le Monde avec AFP

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